Auteur : RVK
Disclaimers : Jack est à Disney
Résumé : Comment Jack est il entré en possession du morceau de dentelle blache qu'il porte toujours au poignet ?
Rating : T
Genre : Romance, Lime, One Shot
Dentelle
C'est parce qu'il avait détourné une cargaison de soie pour mon père que le pirate Jack Sparrow s'est vu assurer un service en retour.
Ainsi donc, un soir, le soleil couchant nous amena ce pirate à la maison !...
L'ambiance était électrique : le pirate Sparrow possède une foule de légendes qui le précède, les écrits à son sujet font mention de tant d'exploits qu'un homme dénué de tout don surnaturel ne pourrait réaliser, le tout allié à une réputation sulfureuse : grand amateur de rhum et de femmes.
L'on comprend mieux le tout lorsque l'on voit sa silhouette se profiler dans l'encadrement de la porte : un homme fin, maniéré au possible.
Lorsqu'enfin la lumière se fait sur ce visage très mobile, pouvant épouser aussi bien les traits de l'enchantement que de l'agacement, nous découvrons là un homme au style bien particulier, à la peau crasseuse ou hâlée, au choix, le genre d'homme que l'on imagine plutôt faisant le pitre en salon que donnant des ordres à la barre d'un navire !
Cependant, bien rapidement, les manières bourgeoises accentuées jusqu'à les rendre ridicules, font place à un homme dont l'éducation et la vie de bohème ne font plus aucun doute : le voici assis sur le bord de la table, bouteille à la main, riant de la mine déconfite de la soubrette, la taquinant un peu au passage.
Pas de faux semblant. On aime ou on déteste. Pas d'alternative possible.
Cet homme déchaîne les passions.
La plus jeune de la maisonnée le regarde avec des yeux étonnés et finit par rire d'autant de fantaisies.
Sparrow charme les femmes aussi bien que les hommes. Les femmes... de tous âges, de tous statuts sociaux.
Voici que la mère de quelques enfants lui lance plusieurs oeillades enflammées.
Un parfum outrageant de sensualité s'échappe de lui, distillant avec autant de saveur le même goût de liberté.
C'est en se relevant qu'il titube un peu – bouteille de rhum vide !
« Oh ! Désolé !... ça va être le lit pour moi ce soir !... » couine-t-il, innocemment, comme pour s'excuser.
Peu s'en faut pour que les dames à table lui proposent le leur !... dans un dernier sursaut de lucidité, elles ravalent rapidement le souffle qui manquait de leur échapper : « Vous serez le bienvenu dans le mien, Monsieur !... »
Il est affalé contre l'embrasure de la porte tandis que la soubrette s'active à lui préparer un lit – inutile, me direz-vous : un simple matelas de paille aurait tout aussi bien fait l'affaire !...
La plus jeune femme de la maison se tient là, chandelle à la main.
Avant de se retirer, le pirate attrape la main de la belle et y dépose ses lèvres en un baiser qui aurait pu se vouloir chaste s'il n'avait pas été accompagné par un regard de braise qui aurait enflammé n'importe quelle âme !...
****
Il est déplorable de constater à quelle point les femmes n'ont plus aucune tenue devant ce pirate !
C'est quasiment sous le nez de son mari – lui aussi infidèle – que cette femme propose d'offrir ses charmes au renégat. Cependant ce dernier ne semble pas intéressé.
A la question qui lui aurait été posée par la plus jeune de la maisonnée, le brigand aurait répondu : « J'aurai vraisemblablement accepté... si j'avais été désespéré. »
Désespéré ou animé par un autre centre d'intérêt ?
Et tandis que la femme éconduite déguise maladroitement son mépris pour cet homme ivre de liberté, toutes ses attentions se portent sur cette jeune femme d'à peine 17 printemps.
Dans les grandes lignes, l'homme est discret – évitant avec soin d'outrager le père de la jeune femme qui lui a offert l'hospitalité et qui pourrait, en temps et en heure, encore se montrer utile.
Habilement, il resserre les liens qui unissent leurs deux personnes.
Elle est son jouet entre ses mains. Il peut en faire ce qu'il en veut, ce qu'il en souhaite, au moment où il le désire. Naturellement il peut la faire ployer d'un moment à un autre, la compromettre sans avis paternel préalable ni égard en vertu d'un éventuel futur époux.
Pour le moment, il la fait basculer lentement, lui laissant croire qu'elle dispose ainsi de sa vie et de la volonté utopique de se détacher de l'étiquette pesante due à son rang.
Il a décelé en elle une rébellion qui ne demandait qu'à trouver une brèche pour éclater et un appui qui permettrait de justifier quelques actes inconsidérés.
Ainsi, par une chaude après-midi d'été, la promenade au bord de mer privé, s'est transformée en quelque divertissement plus excitant que de chercher les coquillages échoués.
Car ce pirate ne demande pas de savoir si son attitude choque ou blesse ! Il vit. Et ignore le tumulte qu'il provoque autour de lui, les agitations inhérentes à son comportement outrageant.
Sur le quai, il a abandonné baudrier, épée, pistolet et a plongé tête la première dans l'océan.
A la fois inquiète et intriguée, la jeune fille s'est portée en bout de quai et a appelé.
C'est un hoquet de surprise qui a suivi lorsque le pirate a refait surface, d'un bond, et a agrippé son bras, voulant l'entraîner dans les vagues.
Ses protestations maladroites n'ont eu le don que de le pousser à vouloir la voir retirer ses vêtements un à un et à le rejoindre.
« Vous n'oseriez pas me mettre à l'eau !... »
« Vous pensez ? » a-t-il argué, regard charbonneux, avant de la faire totalement glisser vers les flots.
Voyant qu'elle ne supportait pas le poids de sa robe et de ses nombreux jupons, l'homme a tôt fait de l'en débarrasser. Et lorsqu'ils ont regagné la plage et qu'il a rit devant les manières qu'elle faisait pour sortir de l'eau, à peine vêtue, il a lancé : « Je vous verrai certainement avec moins que cela sur la peau... » avant de s'affaler sur la plage de sable.
Elle a fini par le rejoindre, s'allongeant sagement à ses côtés. Il s'est alors redressé sur l'un de ses coudes et a caressé d'un doigt salé ses lèvres douces.
« Je n'aime pas les hommes à moustache. »
« Vous allez y prendre goût. Et bientôt vous ne voudrez plus que cela. »
Fort de ses dires, il s'est mis à l'embrasser et lorsque, prise par les sensations et l'émotion qui faisaient gronder son sang contre ses tempes, elle a glissé son bras autour du cou du pirate pour qu'il ne cesse, il s'est relevé un peu, avec un sourire terrible comme pour souligner la véracité de ses dires et, par là même, savourer sa victoire.
De l'audace, le pirate Sparrow n'en manque pas !
****
Les notes se succèdent, fluides, emplissant la pièce d'une ambiance feutrée.
Soudain la partition se casse lorsqu'un certain pirate franchit le seuil de la porte.
Elle a juste le temps de retirer ses mains avant qu'il n'abaisse le cache du clavier.
Dans ses yeux joue un certain trouble : « Je reprends la mer demain. »
« Je pensais que vous restiez toujours... » avoue-t-elle, confuse et naïve.
« Ce n'est pas un marin qu'il vous faut, jeune demoiselle. » reprend-t-il sur un ton relativement bourru.
Elle se jette à ses pieds : « Dites-moi ce que je dois faire pour vous retenir. » dit-elle, au bord des larmes.
Il s'accroupit devant elle : « Rien, ma jolie. »
Il meurtrit son coeur bien involontairement. Il faut qu'elle apprenne qu'un pirate vient, prend et part.
« Je comptais sur vous... pour faire de moi une femme... ne m'aviez-vous pas considéré comme telle sur la plage l'autre jour ? »
Le pirate sait que tout va se jouer dans la réponse qu'il formulera maintenant.
C'est quitte ou double.
« La nuit est à nous, si c'est là ce que vous souhaitez. »
Le regard de la jeune fille vient de s'imprégner d'un fol espoir.
Elle remonte sa robe et ses jupons et déchire le bord de son bas blanc à dentelle dont elle noue le bout autour du poignet gauche du pirate.
« Pour que vous teniez vos engagements cette nuit... et que vous ne m'oubliez jamais. »
****
A l'aube, le pirate Sparrow regarde flotter le bout de dentelle blanche à son poignet avant de donner l'ordre de choquer les voiles et lever l'ancre.
Son navire s'apprête à naviguer vers d'autres horizons et le coeur rebelle de son capitaine se gausse de ne jamais appartenir à la moindre femme.
Cette nuit ne fut pas riche en sommeil, loin de là. Ses bras se souviennent encore de la sensation d'avoir effleuré, tenu et possédé ce corps à la fois délicat et vibrant de cette jeune fille qui pensait attacher là un homme dont le seul et unique amour est l'océan.
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