Chapitre 2 Une nouvelle vie Partie 2

 

Bon alors la suite ... Bonne lecture et ... Reviews ?


*

Quelques mois plus tard


Le ciel était noir d’orage et la mer démontée lorsqu’Arabella sentit les premières douleurs irradier son bas ventre. La jeune femme poussa un cri de souffrance et se retint de justesse à une chaise tandis qu’il lui semblait que la douleur ne s’arrêterait jamais.


Arabella maudit sa mère qui ne l’avait pas prévenue que ce serait aussi douloureux (ce qui somme toute n’était pas étonnant, après tout Laura ne s’était que trop rarement conduite comme une mère à son égard ) et se dirigea vers la porte, cherchant à rejoindre la maison d’Emmaline attendu que contrairement à sa promesse, Laura n’était une fois de plus pas là pour l’aider à la mise au monde de son enfant.

Une nouvelle contraction la fit hurler alors qu’elle ouvrait la porte de la maison et un vent glacial lui pénétra les os.

- C’est pas vrai ! Ragea Arabella en voyant au loin la mer démontée, consciente qu’avec une telle tempête, Bill ne serait pas là avant plusieurs heures.

La main posée sous son ventre, Arabella tenta d’emprunter le sentier qui menait chez les Mc Drache lorsqu’une nouvelle contraction la laissa le souffle coupé.


Luttant contre la douleur et les éléments qui semblaient s’être ligués contre elle, Arabella entreprit de continuer sa route. Deux pas plus loin une nouvelle contraction la terrassait..

- Madame Turner ? Demanda une voix flûtée

Pour un peu, Arabella en aurait pleuré de soulagement en reconnaissant la voix de la petite Penny Mc Drache

- Penny… Cours chez toi… Dit, dit à ta maman que le bébé… Gémit Arabella en sentant une nouvelle contraction

- Oui ! S’exclama la petite fille en dévalant la pente au grand soulagement d’Arabella


L’instant d’après, la jeune femme sentit quelque chose se rompre en elle et une humidité poisseuse lui couvrir les cuisses

- Oh pas maintenant William Junior… Grinça-t-elle en retournant avec maladresse vers sa maison

Serrant les dents sous l’effort, Arabella se força à avancer, le vent lui fouettant le visage.


Finalement elle réussit à revenir à la porte de sa maison et s’appuya contre elle, épuisée

- Bon sang ! Ragea-t-elle.

- Mais vous êtes folle d’être partie sur le sentier par ce temps ! La gourmanda Emmaline , drapée dans une cape de laine chaude

Arabella leva un regard voilé par la douleur vers sa voisine

- Qu’est-ce que j’aurais du faire !! Bill ne sera pas là avant des heures. Ragea t’elle

Emmaline marmonna quelques mots sur l’inconscience des hommes et sur la stupidité de laisser seule une femme qui approchait aussi évidemment de son terme avant d’entraîner Arabella à l’intérieur


Une fois là, la bonne Emmaline prit les choses en main

- Allez vous allonger, je fais chauffer l’eau. J’ai envoyer Sara chercher la sage femme. Expliqua-t-elle en s’emparant des draps qu’ Arabella venait de laver

La jeune femme se laissa tomber sur le lit, angoissée à présent que le moment était venu

- Pourquoi .. Fait aussi mal.. Grimaça-t-elle

- Parce que Dieu l’a voulu ainsi. Répondit Emmaline en s’activant

Arabella hurla en réponse et Emmaline lui releva les jupons

- En voilà un qui est pressé de sortir… Faut il être bête par un temps pareil

Arabella souffla bruyamment et répondit

- Mon bébé est pas bête…

- Arrêtez donc de parler et gardez vos forces pour la suite du travail. Lui ordonna Emmaline. Ça commence juste

Arabella frémit à ces mots et poussa un nouvel hurlement tandis que les contractions s’accéléraient


Une heure plus tard, en nage, Arabella vit avec soulagement la sage femme pénétrer dans la chambre en maugréant contre le mauvais temps

- Ah vous voilà ! La salua joyeusement Emmaline. J’ai fait du thé

- Pas de refus. Répondit la sage femme

Percluse de douleur, Arabella leva un regard furieux vers les deux femmes

- Vous n’allez pas boire le .. Thé !!!

La sage femme s’approcha d’elle et examina son entrejambe

- Pour l’instant vous poussez. J’ai le temps de me réchauffer

Se jurant de lui faire payer d’une manière que n’aurait pas désavouée Laura, Arabella obéit


Il fallut deux heures d’effort de plus pour que la sage femme s’écrie finalement

- Je vois la tête ! Arrêtez de pousser

A bout de forces, Arabella se laissa retomber sur le lit, le front en nage tandis qu’Emmaline le lui essuyait obligeamment. Entre ses cuisses, la sage femme s’activa et finit par sortir une chose minuscule et toute fripée.

- Voilà. Commenta-t-elle en se saisissant d’une pince qui fit frémir Arabella

Tandis qu’elle coupait le cordon, la jeune mère se releva doucement , cherchant à voir le bébé

- C’est … montrez le moi… Murmura-t-elle à bout de forces

- Pas maintenant. Jeta la sage femme d’un ton inquiet en suspendant la chose rougeâtre par les pieds avant de lui claquer les fesses sans douceur


Indignée, Arabella se releva et Emmaline la maintint sur le lit tandis que la jeune accouchée se demandait si elle aurait la force de mettre une rouste à la sage femme qui traitait si mal son enfant. A cet instant la chose rouge poussa un faible cri et la sage femme souffla avec soulagement

- Et bien il était temps que tu te fasses entendre.

Arabella soupira et Emmaline se pencha vers elle

- C’est une jolie petite fille Arabella

Fille ??????


Le bébé sommairement nettoyé dans les bras la sage femme corrigea

- Non c’est un gars… C’est pas évident mais c’est un petit gars.

Un rire gêné ponctua son discours et, ignorant l’embarras d’Emmaline, Arabella tendit les bras vers l’enfant

- Donnez …

Tandis que la sage femme déposait avec précautions le bébé dans ses bras, Arabella ne put retenir un sanglot de fatigue, de soulagement et de bonheur mêlés

- William… Murmura-t-elle. William Junior


De grands yeux sombres rencontrèrent les siens puis le bébé agita la bouche , la refermant dans le vide avant de pousser un hurlement

- Il a faim. Commenta la sage femme

Perdue dans la contemplation de son enfant, Arabella hocha la tête et lui présenta son sein avec maladresse, les lèvres de l’enfant se refermant goulûment dessus

- Et bien c’est Bill qui va avoir une sacrée surprise en revenant. Commenta Emmaline

- Ça fait plusieurs mois qu’il est au courant non ? Répondit la sage femme d’un ton revêche. C’est toujours comme ça avec les femmes de marins…

Arabella ouvrit la bouche pour rétorquer une nouvelle fois que son Billy n’était pas un marin mais la fatigue déferla brusquement et à la place elle ferma les yeux, William serré contre elle .


Lorsque Bill rentra quelques heures plus tard, il fut accueilli par le visage sévère d’ Emmaline Mc Drache

- Que , que s’est il passé ? S’inquiéta-t-il. Que faites vous ici ? Où est Arabella ?

Emmaline considéra le jeune homme d’un air peu amène, Bill lui rappelant trop son Joe qui semblait toujours surpris lorsque l’un de leur enfants venait au monde

- Il se passe que vous avez un beau gars. Commenta-t-elle en désignant le berceau d’osier que Bill avait fabriqué le soir pendant plusieurs mois ( il n’était réellement pas fait pour être vannier)

Bill accusa le coup et se précipita vers la chambre, se dirigeant droit vers Arabella


Emmaline le suivit du regard, surprise. Généralement le père s’inquiétait en premier de l’enfant, surtout si celui-ci était un fils…

- Arabella. Murmura Bill en caressant les cheveux de sa femme

Le visage gris de fatigue, Arabella se força à ouvrir les yeux

- Billy… C’est un gars…

- Oui .. Oui je sais mais tu vas bien ?

- Il est beau hein ? Demanda Arabella, les yeux pétillants de fierté

Bill s’avisa alors qu’il n’avait toujours pas vu l’enfant et se retourna vers l’obligeante Emmaline qui lui tendit un paquet emmailloté


N’ayant pas le choix, Bill prit maladroitement le bébé et le fixa tandis qu’Arabella le couvait du regard et qu’Emmaline s’effaçait discrètement . William Junior s’agita légèrement et poussa un petit couinement avant de refermer les yeux.

- Notre fils. Souffla Arabella. William Turner Junior.

Bill lui répondit par un sourire de circonstance, un peu surpris de ne pas ressentir grand-chose à l’égard de la chose vagissante qu’il tenait dans ses bras. Il l’observa de longues minutes, comme s’il était l’un des poissons qu’il pêchait avant de s’avouer à lui-même qu’il ne lui trouvait rien de particulièrement beau avec sa peau toute rougie et fripée

- Donne… Réclama Arabella


Soulagé, Bill déposa l’enfant dans les bras de sa femme et Arabella glissa un doigt timide sur la joue du bébé qui grimaça

- Il est parfait… Murmura-t-elle. Regarde ses petits doigts…

- Oui. Commenta Bill d’un ton plat

Arabella leva des yeux émerveillés sur lui

- Notre fils. Répéta-t-elle.

Cette fois Bill sourit et glissa sa main dans la sienne

- Je t’aime Arabella. Lui souffla-t-il, soulagé de voir qu’elle allait bien

- Je t’aime aussi Bill. Répondit Arabella avant de pousser un petit cri de joie en sentant les lèvres de William chercher son sein. C’est un vrai petit ogre.

- Repose toi. Répondit Bill en détournant le regard du bébé


Emmaline le suivit du regard tandis qu’il ressortait de la chambre pour se servir une large rasade de rhum

- Merci d’être venue. Lui déclara Bill.

- Joe va venir me rejoindre avec Grand Pa . Déclara Emmaline en louchant sur la bouteille

- Bonne idée faut arroser la naissance de mon fils. Répondit Bill en se resservant une large rasade et en arborant un sourire de circonstance

Tandis que les proches voisins, prévenus par la diligence dont avaient fait preuve Sara et Penny Mc Drache le félicitaient de l’événement à grandes claques dans le dos, Bill se demanda une fois de plus s’il était normal de ne pas ressentir autre chose que de l’indifférence pour la chose rougeâtre qui dormait dans la pièce voisine…

 

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