Chapitre 34 Deux envoyés et une carte

 Bonjour à tous ! Voici donc la suite des aventures de Thomas avec un chapitre qui vous en apprend un peu plus sur sa quête. Lol pour ce chapitre je fais un gros disclaimers pour Les mystérieuses cités d’or desquelles je me suis largement inspirée , principalement pour la carte et l’amulette ainsi que pour le continent de Mu ( mais pour ce dernier la légende existe réellement , mais rapport aux Cités, j’ai pas pu résister) Voilà j’espère qu’il vous plaira. Bonne lecture et … Reviews ?


Chapitre 34


La nuit était déjà tombée depuis de longues heures lorsque Thomas, flanqué de Zia, rejoignit le Pearl. Sur le pont, fort occupé à battre son record d’ingurgitation de rhum, Gibbs faillit s’étrangler en apercevant la jeune femme qui paraissait suivre Thomas comme son ombre. Le regard qu’il lança au jeune capitaine était éloquent… Quoi c’était donc pour ça qu’il les avait entraînés jusque là ? C’était pour que Thomas se dégote une nouvelle conquête que des hommes avaient perdu la vie ??? ( Après tout on ne savait pas exactement à quoi était du le scormachin n’est-ce pas ?)


Le vieil homme, d’avance prêt à la compassion pour la pauvre jeune femme qui accompagnait Thomas se tourna vers elle avant de pousser un glapissement. Le regard que l’étrangère posait sur Thomas était glacé, pire, il était rempli d’un mélange de haine et de dégoût. Sentant le regard de Gibbs posé sur elle, Zia se reprit rapidement et lui adressa son plus lumineux sourire tandis que Thomas se retournait vers elle.

- Voici Zia. Elle va voyager quelques temps parmi nous. Annonça-t-il.

Gibbs fronça les sourcils… Zia… Voilà qui ne paraissait pas tellement local…

- Zia , voici Monsieur Gibbs, c’est le second sur ce navire… Ce qui veut dire qu’il doit faire ce que je lui dis de faire.

Zia jaugea quelques instants Gibbs et son sourire s’étira en percevant la tension palpable entre les deux hommes, tension que la dernière réflexion de Thomas n’allait sûrement pas arranger


De son côté, Thomas sentait presque le sang bouillir dans ses veines à mesure qu’il observait la jeune évadée. Le corps qu’il devinait sous le sari qui l’enveloppait entièrement paraissait souple et ferme. Du genre à réagir aux caresses… La peau chaude de Zia lui semblait aussi pleine de promesses de plaisir que le reste de son corps dans le dos duquel retombaient ses longs cheveux noirs et lisses. Sa bouche quoiqu’un peu mince ne demandait qu’à être embrassée… Même les yeux sombres de Zia avaient un éclat qu’il n’avait jamais vu auparavant. En bref…Elle lui plaisait. Elle lui plaisait même beaucoup


Se forçant à se contenir, Thomas s'inclina galamment devant la jeune femme.

- Veux tu que je te fasse visiter ?

- Si ça ne vous dérange pas Capitaine. Répondit Zia d'une voix douce. Je comprendrais que vous soyez fatigué après une marche aussi longue

Thomas était épuisé... Mais le charme des grands yeux marrons de Zia était tel qu'il oublia sa fatigue instantanément

- Pas du tout et ce sera Thomas pour toi

Zia lui répondit avec sourire faussement hésitant tandis que Gibbs la surveillait du coin de l'oeil. Non décidemment, celle ci n'était pas comme les autres... mais il ne serait pas celui qui avertirait Thomas. Non sûrement pas.. Ce serait bien trop amusant de voir ce dernier se faire avoir


Les yeux brillants, Thomas invita Zia à le suivre

- Tu m'as raconté que tu étais ici depuis tes dix ans, ton navire a fait naufrage c'est ça ?

- Oui. Répondit calmement Zia. Mon père est mort lorsque le navire a coulé, ainsi que tout ceux qui nous accompagnaient

- Tu as eu de la chance... Murmura Thomas. Que veniez vous faire aussi loin de chez vous ? Tu m'as dit que tu étais inca... Les gens de ton peuple ne sont pas connus pour être des grands voyageurs

Zia se crispa légèrement, le jeune homme était plus malin qu'il n'y paraissait, elle devrait prendre garde à ne pas le sous estimer

- Nous sommes partis parce que les espagnols oppressaient mon peuple. Répondit elle d'un ton sec

Le regard de Thomas se voila légèrement

- Oui bien sûr, excuse moi..


Thomas garda le silence un moment avant de reprendre

- Et donc, tu as été recueillie par ces folles ?

- Elles ne sont pas folles ! S'exclama Zia. Leurs principes sont nobles, tout comme leurs croyances

Thomas la dévisagea d'un air anéanti

- Tu veux dire que tu partages leur vision ? Je veux dire sur l'amour..

- L'amour physique est dérisoire face à la plénitude qu'apporte l'amour des âmes. Rétorqua Zia

Thomas retint de justesse une réflexion grossière, ce n'était pas la bonne méthode

- Quel âge as tu ?

- J'ai quinze ans de plus qu'à mon dernier voyage. Répondit Zia

Un rapide calcul permis à Thomas de comprendre que Zia avait vingt cinq ans ce qui le surprit, il l'avait pensée plus jeune

- Et que sais tu de l'amour physique que tu dénigres ? Lui demanda t'il


Zia lui renvoya un regard calme

- Rien. Mais ce qu'on ressent dans le véritable amour est une telle plénitude que je sais qu'aucune étreinte vile ne pourra m'apporter un tel bonheur

Thomas retint une nouvelle réflexion ironique

- Comment connaître quelque chose quand on ne l’a pas expérimenté ? Lui répondit il d’un ton suggestif.

Zia le fixa de ses grands yeux sombres. Un porc. C’était un porc… Mais après tout il ne fallait pas s’attendre à ce que l’envoyé de Tezcatlipoca agisse différemment.. En vérité, la jeune femme s’était même préparée à pire : subir ses attouchements. Mais si elle avait une chance de préserver ses principes et ses croyances… Elle n’allait pas la laisser filer !

- Je vous retourne la question .. Comment pouvez vous vous montrer aussi catégorique à propos de choses que vous ne connaissez de toute évidence pas… Je doute que vous ayez expérimenté la communion des âmes…


Contre toute ses attentes, Thomas éclata de rire.

- C’est vrai. Tu marques un point…

Zia le regarda avec réserves tandis que Thomas reprenait, l’air songeur

- Tu as dit que n’importe qui trouverait cet, cet amour universel plus jouissif que l’amour physique n’est-ce pas ?

- En effet …

- Dans ce cas, je te fais une proposition… Notre voyage sera sans doute long et à moins que tu ne sois attendue quelque part, tu auras du temps à tuer…

Zia retint de justesse un soupir soulagé… Quoiqu’il propose, elle devrait dire oui.. Elle ne devait surtout pas perdre de vue la carte et le livre

- Je vous écoute…


Thomas lui fit un large sourire et se pencha vers elle

- Apprend moi…. Tu as une semaine pour me persuader et me faire éprouver ce, cette chose… Si tu n’y arrives pas, ce sera à mon tour de t’apprendre …

- Je préférerais un mois. Rétorqua Zia qui cherchait à gagner du temps

- Je t’accorde deux semaines… Répondit Thomas du tac au tac.

- D’accord… Soupira Zia. Où puis je m’installer pour dormir ?

- Il y a ma cabine….

- Vous avez dit deux semaines. Rétorqua la jeune femme.


Thomas soupira avec exagération et la conduisit jusqu’à un réduit.

- Tu peux t’installer ici. C’est la cabine de … de la fille de l’ancien capitaine. Expliqua-t-il en souriant de voir l’une des robes roses de Kiara encore sagement posée dans un coin.

- Bien merci. Lui répondit Zia

Thomas approcha d’elle, l’air enjôleur

- Un baiser de bonne nuit ?

Écœurant… Songea Zia en le repoussant d’une main ferme.

- Nous sommes mis d’accord Thomas. Deux semaines sans que vous ayez le moindre contact physique. Ça commence dès maintenant.

- Ce soir ??? Lui rétorqua Thomas avec une moue frustrée

- Nous avons un marché. Si vous ne respectez pas les termes je ne les respecterais pas non plus.

Thomas le regarda, mi furieux, mi amusé.

- Je les respecterais. Croyez moi j’ai hâte que ces quinze jours soient passés. Lui répondit il avant de sortir, la laissant seule.


*


Une fois certaine que le jeune homme était bien parti et que personne ne l’épiait, Zia sortit délicatement du col de son sari le médaillon qui ne la quittait pas depuis qu’elle était enfant. Songeuse, la jeune femme fixa le croissant de pierre de lune qu’elle portait et auquel il manquait la partie dont Quetzalcoalt avait tellement besoin pour empêcher Tezcatlipoca de réaliser ses noirs desseins. Le livre expliquait comment la trouver ou plutôt comment lire la carte qui permettait de la trouver. Entre autres choses.


Zia songea avec émotion au dieu Quetzalcoalt qui était venu en personne la voir pour lui dévoiler sa mission, quelques mois plus tôt .Tout s’était éclairé alors pour la jeune Zia qui n’avait jusqu’à présent pas compris pourquoi son père lui avait remis le livre et le médaillon avant de mourir et lui avait fait jurer de les protéger. Tout comme il lui avait donné le nom de la communauté qu’elle avait rejoint après sa mort. Elle avait menti là-dessus. Ce n’était les « folles » comme disait l’envoyé qui l’avait trouvée, c’est elle qui les avait rejoint.


La visite de Quetzalcoalt avait comme déchiré un voile qui l’embrumait jusqu’alors sans qu’elle ne le perçoive… A travers les visions du Dieu elle avait vu les ténèbres. Elle avait vu l’histoire de son peuple. Elle avait vu ses vies antérieures, tour à tour, mère, femme, enfant… Chaque fois la souffrance était venue d’une seule origine. Tezcatlipoca et ses âmes damnées, ses serviteurs autour desquels se répandaient les ténèbres. Lorsque le prophète aveugle était mort, elle l’avait ressenti dans son âme… Alors elle avait pris conseil auprès du Dieu… Devait elle tout de même partir? Ou alors devait elle attendre que l’autre la trouve ? Quetzalcoalt avait été si triste.. Si triste d’apprendre que déjà, l’envoyé des ténèbres approchait du but… Il avait ordonné à Zia de rester au monastère… Il avait vu Thomas se diriger vers elle. Sa mission avait changé… Elle devait tromper l’envoyé, l’accompagner dans sa quête, puis lorsque le moment de réunir enfin l’amulette serait arrivé elle devait le tuer. Sans hésiter. Un crime pour en éviter des centaines d’autres. Elle était d’accord. Ensuite… Elle ramènerait la clef au temple… L’ouvrirait… Puis elle détruirait pour toujours les chances de régner de Tezcatlipoca. Ainsi devait il être.


Une fois sa mission accomplie elle retrouverait la paix et retournerait là où elle avait toujours vécu dans cette vie. Elle retournerait au monastère et reprendrait son existence là où l’arrivée de Thomas l’avait interrompue. Sur cet espoir, Zia rangea soigneusement sa moitié d’amulette et jeta un coup d’œil machinal au ciel. Le lune brillait d‘une lumière blanche et pure…Pourtant, Zia frissonna en apercevant derrière cette dernière, la seconde lune sombre qui jours après jours, grossissait…


*


De son côté, après avoir laissé à regrets Zia seule dans sa cabine, Thomas s’enferma dans la sienne et sortit d’un geste pressé le livre qu’il venait de récupérer. Enfin la solution !

- Alors tu ne dis rien ? Défia-t-il Tezcatlipoca.

Surpris, Thomas ne reçut aucune réponse…

- Si seulement je pouvais être tranquille. Marmonna-t-il avant de s’installer confortablement pour entamer l’ouvrage.


Au bout de quelques pages, le jeune homme comprit que ce qui était intéressant sur la carte c’était en fait les franges qui la bordaient et qu’on appelait des quipu … Dubitatif, il observa les cordelettes qu’il avait d’abord prises pour des décorations et qui entouraient la carte. Du bout des doigts, Thomas effleura les nœuds qui composaient chaque lien et poussa un soupir frustré. Ça prendrait des mois pour qu’il réussisse à les déchiffrer…A moins que… Un large sourire fendit sa bouche… Zia avait bien dit qu’elle était inca non ? Donc si quelqu’un à bord pouvait déchiffrer le quipu… C’était elle.

Rassuré sur la suite des événements, Thomas se glissa avec délices dans ses draps et s’endormit rapidement, un grand sourire aux lèvres à la pensée de la leçon qu’il donnerait à la jeune vierge dans deux semaines…


*


Le lendemain, Zia se décida à explorer le navire. Mieux valait bien connaître son ennemi. Après tout , si Tezcatlipoca avait choisi Thomas pour remplir une mission aussi importante à ses yeux, c’était que le jeune homme devait avoir quelque chose de remarquable ( hormis bien entendu sa passion pour le sexe). La jeune femme se mêla donc silencieusement à l’équipage, cherchant ça et là à surprendre des bribes de conversations. Elle savait qu’elle ne pouvait compter que sur elle-même à présent. Quetzalcoalt ne pouvait plus la guider. Pas plus que Tezcatlipoca ne pouvait le faire pour Thomas. C’était ainsi. Une fois les envoyés réunis, les Dieux ne pouvaient plus les voir, leurs pouvoirs respectifs se neutralisant …


Elle salua le second, Mr Gibbs , d’un doux sourire et ce dernier la fixa étrangement en réponse

- Je ne sais pas ce que vous cherchez à faire Miss Zia. Mais quoique vous décidiez vous ne m’entraînerez pas dans vos histoires. Grommela le vieil homme sans sourire

- Je ne suis qu’une recluse qui cherche à découvrir le monde avant de rejoindre la plénitude et la tranquillité. Lui répondit doucement Zia

Gibbs haussa les épaules

- Vous êtes prévenue Miss. Je me fiche de ce qui arrivera à Norrington mais le Pearl c’est autre chose. C’est le navire de Jack .

- Jack ? L’encouragea Zia


Elle n’eut pas beaucoup d’efforts à fournir pour que Gibbs se décide à lui parler

- Oui… Jack Sparrow. C’est lui le vrai Capitaine vous savez, il a sué sang et eau pour ce navire.

- Que lui est il arrivé ?

- Il a choisi quinze années d’exil pour rester avec celle qu’il aime. Répondit Gibbs. Nous… on a écopé de .. Ça. Ajouta-t-il avec une grimace en désignant Thomas qui sortait de sa cabine.

- Vous devriez arrêter d’ennuyer Zia avec vos histoires Mr Gibbs. Décréta Thomas d’un ton sec. Du reste il me semble qu’il y a assez à faire à bord pour vous occuper.

- Oui…. Capitaine Norrington. Cracha presque Gibbs avant de s’éloigner sans un regard pour les deux jeunes gens qui s’étaient rapprochés.


Les traits du visage de Thomas se détendirent tandis qu’il se tournait vers Zia

- As-tu bien dormi ?

- Merveilleusement. Répondit la jeune fille en prenant une expression naïve.

- Bien… Sourit Thomas en la déshabillant du regard.

Zia soutint ce dernier, le cœur battant la chamade à la perspective de devoir écorner ses principes de chasteté pour le bien de sa mission. Mais … elle n’y était pas encore, elle avait obtenu un délai de deux semaines et ne désespérait pas de réussir avant la fin de cette période.

- Dis moi Zia. Reprit Thomas. Tu es inca n’est-ce pas ?

- Oui, c’est-ce que je vous ai dit. Répondit la jeune femme en songeant que c’était sans doute l’une des seules choses exactes qu’elle lui avait raconté

- Excellent ! Dans ce cas, sans doute sais tu lire les quipu ?

- Oui… Je le sais. Mais cela fait bien longtemps que je n’en ai pas tenu un entre mes mains. Répondit Zia.

- Parfait. Suis moi. Ordonna Thomas en jetant à coup d’œil à Gibbs. Donnez l’ordre de lever l’ancre immédiatement.

- Quelle direction Capitaine ?

- Je vous le dirais dans quelques instants. Répondit Thomas en se retournant vers Zia. Après toi. Lui dit il en lui désignant la cabine


Une fois à l’intérieur, Zia observa rapidement ce qui l’entourait, notant les armoires soigneusement closes et l’ordre qui régnait dans la cabine, exception faite du lit encore défait.

- Ça te plait ? Lui demanda Thomas sur le ton de la conversation

Zia frissonna à la pensée qu’il avait changé d’avis sur leur marché et lui fit face, s’attendant au pire

- Pourquoi m’avez-vous fait venir ici ?

- A ton avis ? S’amusa Thomas.

Devant le silence de la jeune femme, il se décida à la rassurer

- Je veux juste que tu déchiffres quelque chose pour moi. Rassure toi, je ne suis pas le genre d’homme qui prend les femmes contre leur volonté. C’est .. Décevant. Précisa Thomas


Cette fois, Zia ne put dissimuler sa surprise devant ce comportement plus que surprenant de la part d’un envoyé de Tezcatlipoca

- Je croyais que vous étiez un pirate… Murmura-t-elle pour justifier son étonnement

- Et moi je croyais que tu ignorais tout du monde à l’extérieur de tes murailles … Rétorqua Thomas.

Le cœur de Zia fit un bond dans sa poitrine. Vraiment très malin… Elle devrait faire attention à ne pas faire un nouveau faux pas.

- Je n’y ai pas passé toute mon existence. Répondit elle d’un ton qui se voulait léger. Alors ce quipu ?


Thomas ne releva pas et lui montra la carte qui était étalée sur une grande table.

- Le voici. Les nœuds autour de la carte expliquent comment la lire. Je veux juste que tu déchiffres le quipu, la suite je m’en occupe.

Zia s’approcha et reconnut avec un mélange de détresse et d’ironie la carte qu’elle aurait du récupérer auprès du prophète si l’autre ne l’avait pas devancée… Cette carte qui menait à l’amulette, du moins à l’autre moitié… Si proche… Un geste lui suffirait pour s’en emparer… Ensuite peut être pourrait elle fuir… Exception faite du fait que le Pearl avait maintenant repris la mer et qu’elle n’avait nulle part où se cacher.

- Zia ? Tu vas bien ? S’inquiéta Thomas devant sa pâleur soudaine

- Oui… Excusez moi, c’est juste que de voir ça… ça me rappelle tellement de choses, mon père…

- Bien sûr. Excuse moi.


Les mains tremblantes, Zia se saisit des cordelettes et les parcourut rapidement, se répétant le message qu’elles contenaient afin de le graver dans son esprit

- Alors ? S’impatienta Thomas.

- Oui.. Par delà les océans. Au-delà de la vaste mer, au milieu d’îles que la mémoire des hommes aura oublié tu trouveras la cité engloutie. La carte pivotera lorsque les rayons du soleil la frapperont et alors tu trouveras la pierre de lune. Murmura-t-elle

- C’est tout ? Demanda Thomas.

- Oui, c’est tout. Affirma Zia en se répétant mentalement la suite du message pour ne pas l’oublier «  Lorsque tu seras parvenu à l’endroit tu réuniras les deux moitiés de l’amulette et tu la placeras au centre de la carte. Les rayons de la lune te guideront alors jusqu’au temple secret »

Thomas se pencha sur la carte et Zia sentit son souffle chaud dans son cou

- Beaucoup de fils pour un si maigre message. Commenta Thomas.

- Notre écriture est ainsi. Répondit Zia en s’écartant de lui.


Thomas marmonna un court instant le message avant de se pencher sur sa table de travail de laquelle il sortit le livre qu’elle avait protégé jusqu’alors.

- Bien merci… Tu peux y aller.

Luttant contre sa frustration à l’idée de ne pas pouvoir rester et connaître ainsi la localisation de la moitié manquante, Zia s’inclina.

- Revient me voir dans quelques heures… Il me semble que tu as promis de m’apprendre quelque chose… Ajouta Thomas d’un ton suggestif.

Surmontant une fois de plus son dégoût, la jeune femme s’inclina et se résigna à subir encore la présence de l’odieux capitaine.


*


Une fois seul, Thomas se pencha avec avidité sur le livre et commença à le feuilleter, cherchant la cité engloutie dont parlait le message plus que sibyllin du quipu

- Comme si ça pouvait pas être clair… Marmonna-t-il. Ou comme si le compas ne pouvait pas directement m’y mener… Mais non rien n’est jamais simple…

Toutefois intéressé et toujours aussi curieux, le jeune homme ne put s’empêcher de continuer ses recherches, lisant avec avidité le livre qui contenait une mine d’information sur des civilisations ou des villes englouties mais rien de précis

- Par delà les océans. Au-delà de la vaste mer, au milieu d’îles que la mémoire des hommes aura oublié tu trouveras la cité engloutie. Récita Thomas. Par delà les océans… Les aztèques devaient donc traverser la mer … Des îles que la mémoire des hommes aura oublié… C’est donc que les îles sont anciennes ou qu’elles ont été submergées… Réfléchit il à voix haute


Un claquement sec à la porte interrompit net ses réflexions et Thomas se retourna avec agacement

- Quoi ? Aboya-t-il

Gibbs pénétra dans la pièce et le fixa avec une raideur qui rappela désagréablement James au jeune homme

- Que voulez vous !! Vous ne voyez pas que je suis occupé ???

- Un cap… Se borna à répondre Gibbs

Thomas passa une main dans ses cheveux dégageant du même coup son visage

- Allez vers le sud. Ordonna-t-il

- Le sud ?? Vous êtes sur ?

- Non mais j’aimerais avoir la paix. Alors dehors !! Vous aurez des coordonnées plus précises dès que je les aurais trouvées ce qui n’arrivera pas si on me dérange sans arrêt !


Gibbs soupira et réprima son agacement devant le prétentieux qui leur servait de capitaine

- Bah on pourrait peut être vous aider ?

- Bah voyons .. Parce que vous connaissez un groupe d’îles antiques qui auraient disparues vous ? Ironisa Thomas

- Pas un groupe d’îles mais le continent de Mu.. C’est une vieille légende chez les fils de la mer.

Thomas s’immobilisa net et regarda Gibbs

- Le conti de quoi ???

- Mu. Répéta le vieil homme. Parait que c’est un machin maya ou je ne sais quoi qui refermait de nombreuses richesses, un peu comme la Muerta… Beaucoup de pirates ont essayé de trouver mais …


Thomas le regarda avec attention et lui fit signe d’approcher

- Fermez la porte et dites moi ce que vous savez …

Gibbs obéit, savourant l’instant… Enfin cet insupportable prétentieux ignorait quelque chose que lui, Gibbs, connaissait …

- C’est une vieille histoire qui circule parmi les marins… Il parait qu’il y avait un grand continent rempli de richesses et qu’il a entièrement été détruit .. Mais vous n’aimez pas tellement les histoires je crois…

- Tout dépend Gibbs, les vôtres sont le plus souvent fausses…

- Dans ce cas inutile que je la raconte..


Thomas soupira et lui désigna une carte

- Avez-vous une idée , même imprécise, de l’endroit où se trouverait Mu ?

Gibbs désigna silencieusement un point sur la carte et Thomas sourit.

- Dans ce cas .. Faites voile dans cette direction j’ai ici une carte qui pourrait bien nous aider à trouver les fameuses richesses de Mu… Ou du moins ce qu’il en reste…


Gibbs le regarda avec incrédulité

- Mais .. Personne, même Jack n’a jamais osé tenter de … Si j’avais su que vous vouliez aller là bas jamais je ne vous en aurais parlé

Thomas soupira

- Laissez moi deviner … Mu est maudit, quiconque s’en approche risque un tas de choses désagréables blablabla..

- Pour la Muerta c’était vrai ! Jugea bon de se défendre Gibbs

- Comme ça l’est certainement pour Mu. Répondit Thomas d’un ton calme. Mais voyez vous Gibbs, je crois m’y connaître assez en malédiction pour ne pas avoir peur d’affronter celle-ci .


Outré par l’inconscience du jeune homme, Gibbs s’apprêtait à répondre vertement lorsqu’il croisa son regard. Un long frisson remonta le long de son échine et Gibbs songea que peut être effectivement Norrington n’avait pas à avoir peur d’une malédiction.

- On ne peut pas être maudit deux fois après tout. Plaisanta Thomas. Et avec tout les sorts que mes conquêtes ont lancés sur moi je suis immunisé. Allez Gibbs, on met les voiles.

Incapable de répondre, Gibbs hocha la tête et se résolut à obéir. Il n’avait été dupe de la plaisanterie de Thomas. Il y avait autre chose … Mais après tout , dans le cas de Thomas, une malédiction , quelle qu’elle soit était sûrement méritée…et il n’avait rien à y redire tant que ça ne mettait pas le Pearl en danger .

Alors qu’il donnait les coordonnées de Mu au barreur, Gibbs rencontra brièvement le regard de Zia. Cette dernière lui sourit d’un air presque complice puis se dirigea d’un pas léger vers la cabine de Thomas dans laquelle elle pénétra, fermant soigneusement derrière elle…

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