Chapitre 33 Un monastère...

 

Bonjour à tous !! Voici donc la suite avec le retour de Thomas… Bon ce chapitre est un chapitre charnière par rapport à sa quête (oui bah il doit avancer , c’est un peu le sujet de la fic aussi mdrrr) Comme vous le verrez, Thomas voit les choses comme toujours à sa façon… mais il fait des erreurs… Pour ceux qui croiraient lire une référence aux Mystérieuses Cités D’Or , c’est bien le cas, je me suis fait plaisir ! Bonne lecture et .. Reviews ?


 

Chapitre 33


Quelque part en Inde



Épuisé, Thomas regarda les hommes malades dont il avait la charge et poussa un soupir de soulagement. Depuis qu'ils étaient arrivés à terre, l'épidémie de scorbut avait perdu du terrain, les malades reprenant peu à peu des forces sous l'effet des soins jaloux et de la nourriture riche qu'il s'était arrangé pour leur procurer. Bien entendu, cela ne changeait rien pour la dizaine d'hommes qui avait succombé durant les derniers jours, laissant un sillage morbide derrière le Pearl mais le jeune homme était soulagé de ne pas avoir perdu plus d'hommes dans l'aventure.


Gibbs devait penser la même chose car il s'adressa à lui sur un ton cordial contrairement à ses habitudes

- Vous devriez aller vous reposer Capitaine.

Les yeux brûlants de fatigue, Thomas hocha la tête, trop épuisé pour répondre et Gibbs songea fugacement que pour une fois, Thomas s'était comporté comme un vrai capitaine (pas un vrai pirate, un vrai pirate se serait empressé de faire abattre les malades, ce qui voulait dire aussi que dans ce cas, même Jack n'était pas un vrai pirate).

- Veillez à ce qu'ils aient assez à manger Gibbs. Se força à dire Thomas.

Le second hocha la tête. Thomas s'était montré plus que généreux avec ses hommes, puisant dans ses réserves personnelles d’or pour leur procurer des fruits et des légumes frais dont la consommation avait fait un bien fou aux malades ( plus en fait que la soupe de tortue mais pour une fois, Gibbs jugea bon de garder ses réflexions pour lui )

- Je m'en occupe Capitaine. Répondit il sobrement. Avez-vous besoin de quelque chose ?


Tremblant de fatigue et le visage gris, Thomas lui jeta un petit regard hésitant avant de se reprendre.

- Quand vous aurez deux minutes.. Trouvez moi une fille.

- Oui Capitaine. Grinça Gibbs entre ses dents, songeant que non finalement, Thomas était toujours le même

Sans lui prêter plus d'attention, Thomas se rendit jusqu'à sa cabine et referma la porte derrière lui avant de se laisser tomber tout habillé sur le lit, perclus de fatigue

- Tu dois la trouver vite ! S'exclama brutalement Tezcatlipoca dans son esprit


Thomas se raidit immédiatement et répondit d'une voix traînante, les yeux clos

- Je vais bien merci... Ironisa-t-il faiblement.

- Imbécile... Évidemment que tu vas bien. Il ne peut pas tuer mes serviteurs ....

- Magnifique... Je suis content de savoir que je suis immortel... Murmura Thomas

- Tu ne l'es pas !! Lève toi et va chercher ce que je t'ai demandé ... ou bien...

- Ou bien rien du tout ! Ragea Thomas. Je suis épuisé !!! Je dors d'abord pigé ?

- Insolent... Tu le regretteras...

- C'est ça .. On lui dira. Répondit Thomas avant de se laisser sombrer dans un sommeil aussi lourd que réparateur .


*


Furieux, Tezcatlipoca frémit de rage ... Profitant du sommeil de Thomas il s'insinua lentement dans son esprit , fouillant ses endroits les plus intimes, ses secrets les mieux gardés.

- Imbécile... Gronda-t-il une nouvelle fois avant de se retirer de son esprit.

Sans hésiter, Tezcatlipoca se tourna vers le large miroir qui décorait son antre et duquel s'échappait une fumée faites de vapeurs aussi toxiques que mortelles.

- La main du destin... Murmura-t-il en glissant son bras sur la surface mouvante et sombre du miroir.


Tezcatlipoca poussa un ricanement cruel tandis qu'il écoutait les projets de la femme... Elle devait réussir. Ainsi en avait décidé le destin... Mais parfois la fatalité s'abattait sans qu'on sache pourquoi n'est-ce pas ? D'une main ferme, Tezcatlipoca se saisit des fils de la destinée et les déplaça rapidement avant de savourer l'avenir neuf qui se dessinait dans le miroir. C'était beaucoup mieux....


*


Des heures plus tard....


Thomas s'étira longuement, encore à demi endormi avant de se souvenir de Tezcatlipoca et de la charge qu'il avait à remplir. Trouver le livre. Pour ensuite trouver l'amulette ...


Sans attendre, le jeune homme se leva et s'empressa de se rendre sur le pont, saluant d'un signe de tête les malades qui peu à peu reprenaient des forces.

- Gibbs !!!

- Oui Capitaine ?

- Je vais à terre. Annonça Thomas en fixant l'aiguille du compas de Jack d'un air dégoûté. Vous gardez le Pearl le temps de mon absence .

- C'est-à-dire ? Demanda Gibbs . Combien de temps ?

- Je l'ignore.. Répondit Thomas d'un ton funèbre avant de débarquer.


Une fois à quai, le jeune homme laissa les odeurs subtiles et exotiques des Indes le submerger et lança un regard rempli de regrets en direction des femmes superbes qui se promenaient ça et là sur le quai. Rien que la vision de leurs saris multicolores et de leurs longs cheveux noirs et luisants suffisait à réveiller dans ses reins le désir que l'exigence de sauvegarder son équipage avait endormi les derniers jours. Thomas baissa les yeux sur son compas et poussa un soupir agacé en constatant que ce dernier pointait désormais en direction de la fille qu'il avait remarquée au milieu de toutes...

- Mais quand donc ce compas se décidera-t-il à fonctionner correctement ? Marmonna Thomas entre ses dents avec une parfaite mauvaise foi.


Le jeune homme ferma les yeux et se força à penser à autre chose, se représentant le livre dont il avait apparemment besoin pour utiliser la carte. Un cri de victoire lui échappa en voyant l'aiguille changer brutalement de cap. Son cri se mua en gémissement de désespoir en constatant que le compas indiquait des montages reculées.


*


Encore des heures plus tard....


Il avait quitté la ville depuis longtemps à présent, suivant la direction indiquée par le compas... Le souffle court Thomas s'accorda une pause bien méritée et observa quelques instants la vue plongeante sur la ville, souriant en reconnaissant même à cette distance le pavillon du Pearl qui flottait fièrement dans le ciel indien. Avec un soupir, Thomas se décida à reprendre sa route, souhaitant ardemment arriver à son but avant la nuit...


Plusieurs heures de marche plus tard, alors que le soleil commençait à décliner et que le jeune homme se résignait à passer la nuit à la belle étoile, il aperçut enfin un bâtiment massif, encadré par de hauts murs d'enceinte. Un sourire ironique lui échappa alors qu'il comprenait instinctivement la nature de la communauté que l'endroit reculé abritait... Un monastère.


Thomas baissa les yeux sur le compas et un nouveau soupir lui échappa en constatant que ce dernier indiquait la bâtisse sans la moindre ambiguïté.. Bon.. après tout, il n'avait pas besoin d'y rester des semaines... Il frappa fermement le heurtoir, grimaçant à l'idée que la communauté soit suffisamment retirée pour lui refuser l'accès. L'instant d'après, une femme étroitement serrée dans un sari de couleur terne lui ouvrit la porte. Thomas plaqua son sourire le plus innocent sur ses lèvres et s'inclina légèrement

- Je suis un voyageur égaré et j'aimerais profiter de votre hospitalité pour la nuit. Annonça t'il

- Sois le bienvenu dans notre maison . Répondit la femme en s'inclinant pour le laisser entrer


Réprimant un sourire devant la facilité de l'opération, Thomas posa un regard curieux sur ce qui l'entourait. Tout était calme dans le monastère et il grimaça . Il détestait ça. Plus encore, il détestait l'allure des femmes qu'il voyait évoluer sans grâce

- Notre communauté est vouée à la chasteté. Lui précisa doucement la femme

Tu m'en diras tant songea cyniquement Thomas

- Vous pourrez rester ici aussi longtemps que vous le désirerez . Qui sait peut être même apprendrez vous des choses...

Bah voyons... Thomas lui fit un grand sourire faux et ironisa

- Quel genre de choses ?

- Par exemple que l'amour physique est dérisoire face à l'amour universel, l'amour transcendé. Répondit doucement la femme.


Oh bugger... Songea Thomas, reprenant inconsciemment l'une des expressions favorites de son oncle. Qu'est ce qu'il ne fallait pas entendre ! Espérant que l'autre n'allait pas se lancer dans un prêche sur les vertus des bêtises auxquelles elle croyait, Thomas garda le silence

- Vous avez l'air égaré... De nombreux ténèbres vous entourent... Continua la femme

Cette fois Thomas ne put se retenir, il n'avait pas envie de subir plus que nécessaire le fatras de conneries dont se gargarisait la femme, sans doute pour se convaincre elle même que sa chasteté était plus une marque d'élévation spirituelle que le signe évident du fait que... elle était tout sauf séduisante. Dans son cas, mieux valait en effet se persuader que sa chasteté était choisie plutôt que subie ...

- Et bien entendu, ne plus jamais toucher une femme... dissipera mes ténèbres ? Se moqua Thomas

- Atteindre un niveau supérieur de conscience vous sauverait. Répondit calmement la femme

- Je préfère atteindre un niveau supérieur de jouissance sans vouloir vous offenser. Et je n'ai du reste nullement besoin d'être sauvé. Riposta Thomas. La seule chose que je suis venu chercher dans vos murs est un abri pour la nuit.


La femme secoua la tête d'un air désolé tout en le guidant dans le monastère et Thomas craignit un moment d'être allé trop loin... Il n'avait aucune envie d'être chassé avant la nuit ou avant d'avoir trouvé le livre.

- Pourquoi dissimuler ? Vous n'avez rien d'un voyageur égaré... Vous êtes venu chercher une chose bien précise dans nos murs

Thomas la fixa

- Et vous avez deviné tout ça rien qu'en voyant mon .. « aura » ?

- Non je l'ai vu en voyant votre compas. Rétorqua la femme


Thomas accusa le coup. Cette femme savait pour le compas.... Ce qui devait vouloir dire quelque chose mais il ne savait pas au juste quoi

- Et elle a prédit votre venue. Ajouta la femme avec une grimace

- Qui ça ? Demanda Thomas en frémissant au souvenir du vieil aveugle qu'il avait été forcé d'assassiner

- Sois prudent ! S'exclama brutalement Tezcatlipoca dans son esprit

- Non ? ! Ça j'aurais pu m'en douter tout seul. Rétorqua Thomas au dieu à voix haute sans se soucier de la femme

Cette dernière recula brusquement l'air effrayé

- Je crois que le mieux est que je vous conduise près d'elle... Murmura la femme. Une fois que vous aurez eu ce que vous êtes venu chercher partez et ne revenez jamais

- Oh je croyais que vous pouviez sauver mon âme en m'enseignant les subtilités de l'amour transcendé ? Se moqua Thomas en refoulant son malaise devant la brusque volte face de la moinesse

- Il est trop tard pour vous... Souffla la femme à regrets avant de le guider à l'écart


Thomas porta instinctivement la main à son épée, méfiant. Après tout qui pouvait savoir ce que ce genre de fanatique était capable de faire au nom de l‘"amour universel" ? La femme surprit son geste et le fixa

- Vous partirez dès cette nuit. Lui affirma t'elle avant d'ouvrir une porte. Il est là. Annonça t'elle à une forme indistincte avant de s'effacer

Plus méfiant que jamais, Thomas avança lentement dans la pièce, fouillant les ténèbres du regard à la recherche d'un éventuel ennemi. Un hoquet le secoua un instant tandis que l'odeur entêtante de l'encens lui brûlait la gorge... Pas étonnant que celle qui l'avait accueilli soit aussi dérangée, n'importe qui le serait à force de respirer ça !


Un soupir résigné retentit dans la pièce et Thomas se retourna vivement dans cette direction

- Qui va là ?

- Ainsi … Son envoyé a vaincu le prêtre… Murmura une voix féminine remplie de regrets.

Thomas s’approcha , toujours sur ses gardes

- Je suppose que vous parlez de moi. Ironisa-t-il. Dans ce cas, on va la faire courte parce qu’il me semble que votre amie a hâte de me voir vider les lieux. Je veux le livre.

- Tu ne devrais pas le prendre… Il te mènera à ta perte.

- Je prends le risque. Répondit Thomas avec panache, ses yeux s’habituant peu à peu à la pénombre.


Il grimaça en découvrant une femme au teint parcheminé, âgée d’une quarantaine d’années et assise à même le sol.

- Je ne peux pas te le donner.

Thomas soupira avec agacement. Bon sang qu’avaient donc ces femmes pour être aussi bizarres ?

- Si tu sais qui je suis, tu sais sans doute également ce qui est arrivé au prêtre. Lui répondit il d’un ton menaçant, supposant que le «  prêtre » devait être le vieil aveugle.

- Oui. Je le sais. Répondit la femme. Mais tu ne devrais pas être ici. Rien que ta présence souille ces lieux.

Thomas la regarda avec agacement et s’approcha

- Il ne tient qu’à toi que je parte sur le champ. Donne moi le livre.

- Pourquoi résistes tu autant ? Tu ne vois donc pas que ce que tu cherches apportera le malheur sur nous tous ? Repens toi et reste ici… Nous t’accueillerons et nous te donnerons la paix. Tout n’est pas encore perdu pour toi…

- C’est pas ce que dit la femme qui ouvre la porte. Rétorqua Thomas en tirant son épée. Le livre. Ordonna-t-il en posant sa lame sur sa gorge. Si tu sais pour le compas, tu n’ignores pas que je trouverais le livre avec ou sans ton aide.

La femme accusa le coup et se leva souplement. Inquiet Thomas la suivit du regard, prêt à bondir tandis que la femme se penchait sur un coffre dont elle exhuma un livre.

- Je ne lèverais pas les armes contre toi… Murmura-t-elle. Nous sommes une communauté pacifiste… Nous ne mêlons pas des affaires du monde même si je regrette que tu sois celui qui se présente pour le réclamer.


Thomas s’empara nerveusement du livre qu’elle lui tendait et le feuilleta à la hâte, constatant avec soulagement que la carte dont il s’était emparé y était dessinée.

- Nous ne mentons pas , nous ne trichons pas. Lui déclara la femme. Ce livre est bien celui que tu es venu chercher. Maintenant quitte cet endroit et n’y revient jamais puisque tu refuses de t’ouvrir au monde.

- C’est ça .. Grommela Thomas avant de faire demi tour.

- Tu cours à ta perte Thomas Norrington. Lui lança la femme.


Le jeune capitaine s’immobilisa net.

- Comment connais tu mon nom ?

- Je l’ai lu dans…

- Épargne moi l’histoire des augures tu veux … Ironisa Thomas.

- Malgré tout ce que tu as vu… Tu ne crois toujours pas. Soupira la femme comme si elle était réellement navrée pour lui.

- Je crois en moi. Rétorqua Thomas. Adieu… Je vous souhaite bien du plaisir dans vos montagnes. Moi je préfère la vraie vie.

Sans attendre de réponse, Thomas sortit et songea avec amusement que cet endroit serait parfait pour Dominic… L’amour éternel , non, universel… Pfff des contes de bonnes femmes malades et frustrées… Oui ça irait bien à Sparrow fils…


Il faillit pousser un hurlement en voyant sortir brutalement de l’ombre la femme qui l’avait accueilli.

- Bon dieu c’est pas possible d’être aussi laide. Marmonna-t-il en songeant qu’à côté de celle-ci Amalia était une vraie beauté… en plus d’être indéniablement douée pour les jeux de la chair.

Si elle l’avait entendu, la femme ne le montra pas.

- Venez. Il est temps de partir.

- Faudra pas me le dire deux fois… Marmonna Thomas en la suivant, le livre précieusement glissé dans son pantalon


Ils firent le chemin inverse en silence et Thomas frissonna brièvement en songeant aux ténèbres qui les entouraient

- Auriez vous une torche ? Demanda-t-il à la femme. Puisque vous me refusez l’hospitalité.

Un moment s’écoula et Thomas se demanda brièvement si elle n’était devenue sourde puis la femme s’empara d’une longue tige de bois.

- Voici. Annonça-t-elle. Mais ce n’est pas cette lumière qui vous aidera à dissiper vos ténèbres…

- Oui, oui je sais … C’est la chasteté, blablabla… S’agaça Thomas. Mais croyez moi, elle sera fort utile pour me guider jusqu’à mon navire.

Un nouveau hochement de tête navré lui répondit et la femme s’immobilisa brusquement au milieu du jardin.

- La porte est droit devant. Partez.

- Vous ne me raccompagnez pas ? Fit mine de s’offusquer Thomas.

- Je dois me purifier de votre contact dès à présent. Répondit la femme.


Thomas haussa les épaules et ne put s’empêcher de s’avancer vers elle

- Et encore … Tu ne sais pas à quel point je peux être sale… Susurra-t-il.

- Partez maintenant. Vous avez assez troublé la paix de cet endroit. Lui répondit la femme sur un ton égal.

Renonçant à une nouvelle provocation Thomas haussa les épaules et s’avança sur le sentier, pressé finalement d’échapper à l’atmosphère pesante de l’endroit.


Il était presque parvenu jusqu’à la lourde porte lorsqu’un murmure l’arrêta net

- Emmenez moi avec vous…

Thomas regarda autour de lui

- Qui me parle ? Demanda-t-il à voix haute, surpris de ne voir personne.

- Emmenez moi… Souffla à nouveau la voix dont la propriétaire était toujours invisible.

- C’est pas vrai.. Une heure dans ce repaire de folles et voila que j’ai des hallucinations.. S’agaça Thomas.

- Non ! Je suis là… A votre droite… dans les buissons.. Reprit la voix.


Thomas plissa les yeux et avança la torche vers l’endroit

- Non, s’il vous plait .. Ne m’éclairez pas … Si elle me voit je ne pourrais jamais quitter cet endroit

- Pourquoi veux tu partir ? Demanda Thomas en continuant sa progression.

- Je veux voir le monde…. Je ne l’ai jamais vu. Répondit la fille. Dites que vous acceptez.

Thomas soupira et se pencha vers le feuillage. Ce qu’il entrevit alors amena un sourire gourmand sur ses lèvres. La femme était jeune et contrairement aux autres pensionnaires de l’endroit, son visage était plus qu’avenant. Il prit sa décision sur le champ.

- D’accord. Lorsque j’ouvrirais la porte, tu te faufileras.. J’attirerais l’attention de ceux qui nous observent sur moi.


Personne ne lui répondit et Thomas s’inquiéta

- Tu es toujours là ?

- Oui… Souffla la jeune femme.

- Bien… Tiens toi prête. Ordonna Thomas en ouvrant le lourd battant de la porte.

Ce faisant, Thomas laissa brusquement tomber sa torche sur le sol, enflammant brutalement une des plantes luxuriantes qui poussait là.

- Oh c’est pas vrai ! S’exclama-t-il le plus fort qu’il put en s’efforçant d’éteindre le brasier naissant, s’y prenant délibérément avec maladresse.


Une fois certain que la fille avait eu le temps de sortir ( du moins si elle était suffisamment dégourdie) Thomas se dirigea lentement vers la porte et la franchit avant de la refermer derrière lui d’un claquement sec.

- Tu es là ? Demanda-t-il.

- Oui… Répondit la voix dans l’ombre. Vous n’auriez pas du blesser la plante. Ajouta-t-elle sur un ton de reproche

Thomas grinça des dents

- Surtout ne dit pas merci. Ironisa-t-il en commençant à avancer sur le sentier qui dieu merci, contrairement à l’aller, descendait vers la ville sans plus se préoccuper de sa compagne.


Il sourit légèrement en entendant un pas léger se déplacer dans les feuillages autour de lui. La fille le suivait… Tant mieux… Elle allait vite comprendre que l’amour charnel était beaucoup plus jouissif. Ils firent ainsi quelques mètres puis Thomas soupira

- Nous sommes assez loin. Sors donc des feuillages.

Un frémissement de feuilles lui répondit et Thomas se trouva face à la jeune beauté qu’il n’avait fait qu’entrevoir dans le monastère. Un sourire s’épanouit sur ses lèvres en découvrant pleinement le visage jeune qu’encadrait de longs cheveux noirs et lisses. Le teint de la fille était plus pale que celui des autres recluses, évoquant les teintes chaudes des filles de l’Amérique du Sud ce dont Thomas se félicita.

- Comment t’appelles tu ? Lui demanda-t-il

- Zia. Répondit la fille en regardant avec émerveillement autour d’elle.

- C’est la première fois que tu sors d’ici ? L’interrogea Thomas.

- Non… C’est que je ne suis pas sortie depuis mes dix ans… Depuis qu’elles m’ont recueillies après que mon navire ait fait naufrage. Répondit Zia d’une voix claire

- Naufrage ? Tu n’es pas d’ici ? D’où viens tu ? Lui demanda Thomas

Zia haussa les épaules

- Mon père l’appelait le pays inca. Répondit elle

- Ah ceci explique cela. Sourit Thomas en comprenant pourquoi son teint lui avait paru familier. Nous venons du même endroit…


Zia lui sourit timidement en réponse et Thomas caressa un instant l’idée de la basculer dans les feuillages avant de se reprendre. Après tout il était civilisé !

- Tu as dit que tu voulais voir le monde il me semble …

- Oui. Répondit Zia

- Alors viens avec moi. Sourit Thomas, songeant qu’il serait bien agréable d’avoir une femme à bord pour satisfaire ses besoins.

Zia hocha la tête et lui emboîta le pas, entamant avec lui la longue route jusqu’à la ville et la mer….


*


Alors que les deux nouveaux compagnons s’éloignaient du monastère; la femme qui avait accueilli Thomas se précipitait dans la chambre de la prêtresse

- Une de nos sœurs manque à l’appel !

La prêtresse sourit légèrement

- Zia… Souffla-t-elle sous le ton d’une évidence. Ne te tracasse pas pour elle. Elle accomplit son propre destin et il n’était pas de demeurer avec nous…


La femme la regarda avec révérence, ébahie par la prescience de l’autre.

- Reviendra-t-elle ?

- Je l’ignore… il ne m’appartient de le voir. Mais si elle est victorieuse elle reviendra.

- Victorieuse ? Interrogea la femme. Mais … que voulez vous dire ? Et cet homme si sombre … pourquoi l’avoir laissée partir avec lui si vous saviez ?

- Parce que Zia est l’envoyée. Répondit la prêtresse avec un sourire doux. Notre tâche auprès d’elle est finie à présent. Elle doit accomplir sa mission.

La première moinesse la regarda sans comprendre avant de s’incliner, après tout l’autre était une devineresse puissante… et elle possédait entre toutes la Sagesse.

 

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