Chapitre 24 Thomas redevient lui même

 Bonjour à tous … Voici donc la suite des aventures de Thomas. Ce chapitre est surtout un chapitre de transition, donc il n’y a pas forcément beaucoup d’avancées dans l’histoire.Bonne lecture et … Reviews ?


Chapitre 24


Thomas resta longtemps dans l’eau chaude, savourant le luxe d’un bain brûlant et du calme qui succédait à la tempête que son retour avait déclenché.

La réaction de son père à ce dernier ne l’avait pas surpris mais il ne pouvait s’empêcher de se sentir une fois de plus déçu, voir trahi par le Gouverneur. Thomas crispa les mâchoires en remâchant les questions de James… A croire que quoiqu’il fasse (y compris affronter la mort) il ne serait jamais rien d’autre que le fils honteux des Norrington, la brebis galeuse … L’espace d’un instant il regretta sa décision avant de se reprendre. Il n’y avait pas que James Norrington dans son existence (dieu merci), il n’avait pas que ça à vivre.. Il était encore libre ( si l’on faisait abstraction de la dette qu’il avait été forcé de contracter, ce à quoi il parvenait très bien )


Finalement, au bout d’un long moment, Thomas sortit de l’eau, s’ébrouant avant de constater qu’il n’avait aucun vêtement. Un sourire amusé aux lèvres à la pensée de la tête que ferait son père s’il apparaissait complètement nu au salon, Thomas sonna le domestique, attendant patiemment, sa serviette nouée autour de ses reins. A sa grande surprise ( et ravissement) ce fut une petite bonne timide qui pénétra dans la pièce, rougissant de le voir à demi nu.

- Tu es nouvelle ici … S’étonna-t-il.


La bonne rougit de plus belle et s’inclina

- Oui Monsieur.

Brusquement échauffé, Thomas jeta un coup d’œil intéressé à la jeune fille, suivant du regard la nuque fine que mettait en valeur la coiffure haute que les Norrington imposaient à leurs domestiques

- Je peux faire quelque chose pour vous Monsieur ? Demanda la jeune domestique, impressionnée par le fils de la maison

Thomas sourit à cette question et son sang accéléra légèrement sa course. Elle n’était pas très jolie mais de ce qu’il pouvait en juger son corps était plus que présentable

- Oui… Tu peux. Susurra-t-il


La jeune bonne le regarda avec indécision, attendant visiblement ses ordres. Thomas sourit et lui désigna le baquet

- Je crains fort de ne pas avoir réussi à ôter toute la crasse qui me couvrait. J’aimerais que tu m’aides.

Cette fois le teint de la bonne vira au rouge brique tandis qu’il laissait nonchalamment sa serviette tomber au sol pour se plonger à nouveau dans l’eau tiède

- Je .. Je vais appeler John… Murmura-t-elle

Thomas retint un sifflement agacé, pestant intérieurement contre la lenteur d’esprit des bonnes

- Non … Tu es là .. Fait le … Répondit il en fermant les yeux.


La bonne lança un regard traqué vers la porte

- Je … je suis au service de Madame et je ne suis pas certaine que… Commença-t-elle

Thomas ouvrit les yeux et les leva au ciel … Voilà qu’elle réfléchissait à présent !!

- Approche. Répondit il. Dis moi comment t’appelles tu ?

- Margot. Monsieur.

Thomas sourit, songeant qu’il avait connu une catin qui s’appelait ainsi… Une belle fille, expérimentée, habile de ses mains et surtout de sa bouche…

- Bien Margot, je pense qu’il n’y a rien de mal dans le fait d’aider un homme à frotter son dos non ? Déclara-t-il d’un ton léger.


Margot hésita quelques secondes de plus puis s’approcha pour commencer à passer un linge humide sur les épaules de Thomas

- Mmmm. Tu fais ça très bien … Soupira ce dernier, conscient du désir qui lui brûlait les reins.

Margot ne répondit pas, passant et repassant le linge sur les épaules brunies de Thomas

- As-tu un fiancé Margot ? Lui demanda Thomas sur le ton de la conversation

- Non. Répondit la jeune femme d’un ton de regret

- Pourquoi cela ? Jolie comme tu es tu avoir des tonnes de prétendants. Fit mine de s’étonner Thomas en se retournant, songeant qu’avec son visage ingrat, elle n’était pas prête de se marier

Il fut récompensé de son mensonge par un sourire avant que Margot ne se souvienne de sa place et baisse la tête.


Impatient, Thomas se leva brusquement et lui fit face, savourant la gêne de la domestique alors qu’elle évitait de le regarder

- Tu es gênée ? Lui demanda-t-il en riant intérieurement

- Je … Monsieur… Commença Margot

- Regarde moi quand tu me parles , j’ai toujours détesté cette manie de baisser les yeux. La coupa Thomas.

Un regard bovin lui répondit et Thomas s’empressa de baisser les yeux sur la poitrine de la fille qui lui semblait beaucoup plus attrayante

- Vraiment aucun prétendant ? Souffla-t-il tandis que la fille rougissait

A cet instant une clochette retentit et Margot sursauta

- C’est Madame qui m’appelle. S’empressa-t-elle de dire en se hâtant vers la porte.

L’instant d’après elle avait disparu, laissant Thomas seul avec son désir.


*


Mécontent et frustré, le jeune homme rejoignit sa famille au salon, suivant du regard Margot qui servait le thé à une Eléna radieuse.

- Thomas je suis si heureuse… Murmura-t-elle en le voyant.

- Allons Mère, vous n’allez plus pleurer n’est-ce pas ?

Eléna secoua bravement la tête et lui fit signe de venir s’asseoir à coté d’elle.

- Tu es certain que tout va bien Thomas ? Ton père… Il s’inquiète de ce que tu as pu vivre là bas … Et moi aussi

Thomas jeta un regard surpris en direction de James qui, assit dans son grand fauteuil, le fixait d’un air impénétrable

- Ce n’est pas si terrible. Répondit il. Et puis ça m’a permis de voir Jack et Elizabeth et leur fille enfin la fille d’Elizabeth.

- Tu ne m’as pas répondu. Intervint soudain James d’un ton pressant. Comment es tu sorti ?

Thomas se crispa.

- Peu importe. Au fait je reprends la mer dès demain.

- Déjà ? Mais … Commença Eléna

- Pas de mais Mère. Ce que j’aimerais savoir c’est comment va réellement Lisa.


James et Eléna échangèrent un regard tandis que Dominic se tortillait sur son siège ce qui énerva encore plus Thomas

- Julia lui a tout dit. Finit par répondre James tandis qu’ Eléna baissait la tête.

- Sale garce ! Ragea Thomas. Enfin, je suppose que cela devait arriver après tout … Maintenant ou dans dix ans .. Que lui avez-vous expliqué ?

- Rien du tout. Souffla James en évitant son regard. Nous avons jugé que ce n’était pas le moment. Nous lui avons dit que Julia a menti

- Quoi ????? Mais enfin elle a le droit de savoir

- Oui. Répondit posément James. Mais pas maintenant, dans quelques années quand tout ira mieux, quand elle aura oublié ce cauchemar

- Oublié ??? Mais enfin Julia est sa mère … Et c’est la fille de Jack !!

- Thomas… je t’en prie. Le supplia à demi Eléna. Elle , elle est bouleversée, elle fait des cauchemars chaque nuit … Elle … Nous sommes ses parents


Thomas s’apprêtait à rétorquer vertement lorsque la petite fille pénétra dans la pièce, les yeux rougis

- Maman… Geignit elle

James lança un regard d’avertissement à Thomas, un regard dur, tandis qu’Eléna la prenait sur ses genoux

- Je suis là mon ange, maman est là. Murmura-t-elle en la berçant tendrement.

Anne Elizabeth renifla légèrement et enfoui son visage dans le cou d’Eléna

- Je veux plus jamais te quitter maman …

- Jamais. Promit Eléna en la câlinant

Thomas secoua la tête avec tristesse tandis que James se levait

- Je vais faire quelques pas. Accompagne moi tu veux Thomas.

- Non je ne veux pas mais je n’ai pas trop le choix. Ironisa le jeune homme en suivant James dans le jardin


*


Une fois à l’extérieur, James tourna un regard bouleversé vers son fils.

- Quoique tu imagines, ce que ta mère a dit est vrai. Je m’inquiète Thomas. Je ne sais que trop bien l’enfer que l’on peut vivre dans un tel endroit… Je sais aussi que l’on en sort pas comme ça .

- Je n’ai tué personne pour en sortir si c’est-ce que vous pensez. Rétorqua Thomas

- Non ce n’est pas ce que je pense. Ragea James. Je .. Thomas, j’essaie de t’aider…

- Qui vous dit que j’ai besoin d’aide ? Répondit Thomas.

- On en a toujours besoin après être passé dans cet endroit. Répondit James d’un ton funèbre

- Pas moi. Vous devriez aider Lisa plutôt, moi je n’ai pas besoin de vous et il trop tard pour vous intéresser à moi.


James se raidit sous la rebuffade et lança un regard peiné à Thomas

- Bien… Je suppose que tu as tes raisons d’agir ainsi même si je ne les comprends pas… Mais sache que … si tu as besoin de moi… pour quoi que ce soit .. Je .. Thomas il suffit de le dire.

Le jeune homme hésita un instant, taraudé par l’envie de tout dire à James… De lui dire que ce qu’il avait négocié là bas n’était nul autre que lui-même, que sa liberté avant d’imaginer la réaction de James en apprenant qu’il avait accepté de travailler pour le dieu pervers qui leur avait déjà fait tant de mal. Il ne comprendrait pas… Et une fois de plus il ne lirait que mépris et déception dans le regard vert du Gouverneur

- Thomas ? Répéta James. Si je peux t’aider …

- En vérité … La seule chose pour laquelle vous pouvez m’aider c’est en me donnant quelques pièces pour m’offrir une putain. Je suis un peu à court en ce moment. Ironisa Thomas.


James se crispa et lui lança un regard déçu, le même que celui qu’il connaissait depuis son enfance

- Je vois … Tu n’apprends jamais n’est-ce pas ? Rien ne peut donc te changer !

- Pourquoi changer ? Pour devenir pire ? Pour devenir comme vous ? Ironisa Thomas.

- Je n’ai jamais trompé ma femme avec des catins moi au moins. Rétorqua James

- Non , vous avez fait pire vous l’avez trompée avec le souvenir d’Elizabeth… Et maintenant c’est Anne Elizabeth que vous trompez en prétendant être son père ! Quand à Kiara, ce n’est pas exactement comme si elle en avait quelque chose à faire. La fidélité ne fait pas partie de notre accord.


James accusa le coup

- C’est donc ainsi que tu me vois… Un homme sans honneur…

- Un homme faible qui se cache derrière ce qu’il appelle honneur. Rétorqua Thomas.

James ferma brièvement les yeux, refoulant une nouvelle douleur dans sa poitrine brûlante

- Je … je renonce Thomas… Murmura-t-il. Je , prend l’argent que tu veux et va rejoindre cette vie de débauche qui te plait tellement…

- Vous voyez quand vous voulez… Se moqua Thomas en s’éloignant.

- Thomas… Juste une question s’il te plait… Est-ce que … Est-ce qu’au moins tu es heureux ?

Thomas s’immobilisa, surpris

- Je suis libre. Répondit il, le cœur serré à la pensée qu’il ne l’était plus tout à fait

- Et .. Kiara ? Demanda James.

- Kiara ?

- Tu l’as épousée… Ta mère et moi nous espérions que …

Thomas éclata de rire

- Que quoi ? Que je deviendrais un de ces hommes mariés pompeux et « honorables » que vous fréquentez ? Kiara n’est rien d’autre qu’un agrément dont je dispose de temps à autres. Répondit il d’un air provoquant

James secoua la tête d’un air navré

- Comme tu voudras Thomas… Du reste ça a toujours été comme tu le voulais… Fait ce que tu veux. Mais .. S’il te plait n’oublie pas … Si un jour tu as besoin d’aide… Je ne te laisserais pas.

Touché, Thomas s’adoucit légèrement avant d’imaginer le triomphe de son père s’il en venait à le solliciter

- Je vous l’ai dit. Je n’ai pas besoin de vous. Je n’ai besoin de personne. Répondit il.


James soupira à nouveau et retourna dans le salon

- Dans ce cas, tu comprendras que je retourne m’occuper d’Anne Elizabeth. Quoique tu en penses, cette enfant a besoin d’un père et contrairement à Jack je ne l’abandonnerais pas.

- Non… Vous lui mentez. C’est pire. Commenta Thomas en lui emboîtant le pas.


*


Après cette discussion la soirée se déroula sous les auspices d’une gaieté factice, James dissimulant son angoisse pour son fils qu’il savait meurtri mais qu’il était incapable d’aider tandis que Thomas remâchait son amertume face à la décision qu’il avait prise et qui lui pesait. De leur côté, Eléna et Anne Elizabeth ne s’aperçurent de rien, savourant la joie du retour de Thomas tandis que Dominic buvait.


Finalement, Anne Elizabeth se glissa contre Thomas, le regardant de ses grands yeux inquiets

- Tu seras là demain matin ?

- Non chérie… Tu sais bien, mes affaires… Commença Thomas

- Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose Tommy !!

- Et il ne m’arrivera rien. Répondit Thomas en la serrant contre lui. Et je te ramènerais un beau cadeau… En attendant occupe toi bien de Mère

- Et de Père aussi

- Oui… aussi. Répondit Thomas en l’embrassant sur la joue. Et plus de cauchemar Lisa… Si jamais tu en fais un… Appelle moi à ton secours et je viendrais.

- Dans mon rêve ? Mais … c’est pas possible

- Bien sur que si … Il suffit de le vouloir très fort. Chuchota Thomas. Et ton rêve se réalisera…


Tandis que James et Eléna montaient avec Anne Elizabeth, Dominic se tourna vers Thomas

- Ainsi donc tu repars…

- Oui. Un problème avec ça Sparrow ?

- Non… Je, ton père m’a proposé de reprendre une forge et de m’installer à Port Royal… Je crois que je vais accepter..

Thomas sourit légèrement

- On dirait que le Gouverneur a trouvé quelqu’un à qui imposer sa volonté finalement …

- Il ne m’a rien imposé du tout ! C’est juste qu’à cause de toi… Plus rien ne m’attend à Tortuga… Et ma sœur est ici.

- Tu as une autre sœur. Même deux autres. Rétorqua Thomas

- Kiara est morte pour moi. Répondit sèchement Dominic. Je suis content que ton retour m’ait dispensé d’avoir à la revoir. Quand à Eve, j’ai hâte de la connaître mais pour l’instant, c’est Lisa qui a besoin d’attention.

- Imbécile… Siffla Thomas. Enfin… Je souhaite bien du plaisir avec le Gouverneur… Je serais bien resté pour voir comment il va te faire renier tout ce que ton père t’a appris mais j’ai mieux à faire …

- Quoi donc briser d’autres vies ? Répliqua Dominic avec amertume.


Le retour de James et d’Eléna évita à Thomas une réponse cinglante et il se tourna vers sa mère.

- Prenez soin de vous Mère

- Mais… Tu ne restes pas ? Murmura Eléna, déçue.

James grimaça et serra le bras de sa femme d’une main, sortant une bourse de l’autre

- Thomas m’a expliqué qu’il avait des choses importantes à régler. Ironisa-t-il. Tiens voilà de quoi t’aider à réaliser tes fantastiques projets…

Thomas prit la bourse d’un geste et s’inclina moqueusement

- Merci Gouverneur. Soyez certain que je vous rendrais cette somme à ma prochaine visite.


Avant qu’Eléna n’ait eu temps de demander de quoi il retournait, Thomas se pencha vers elle et la serra dans ses bras.

- Au revoir Mère.

- Sois prudent Thomas, je t’en prie

- Ne vous en faites pas . Répondit le jeune homme, pressé de partir. Au revoir Gouverneur.

Sans laisser à son père le temps de répondre, Thomas sortit, respirant avec soulagement l’air frais avant de se diriger vers les bas quartiers, pressé d’assouvir son désir trop longtemps contenu.


*

Quelques semaines plus tard




A la barre du Pearl, le vent dans les cheveux, Thomas regarda avec une pointe d’angoisse l’embouchure du fleuve Pantano se profiler à l’horizon. Après son départ de Port Royal, il avait écumé les bordels et les endroits les plus sinistres des Caraïbes, tant pour assouvir ses besoins physiques que pour obtenir des informations sur la Pierre de Lune avant de se résoudre à s’adresser à Tia Dalma, seule parmi les esclaves de Tezcatlipoca à avoir sa confiance… Du moins en partie.

- Capitaine. Nous y sommes. Annonça Gibbs dans son dos.


Le jeune homme se retourna brutalement vers son second, remâchant sa hargne devant l’annonce sans cesse répétée d’une chose qu’il était capable de voir par lui-même. Depuis son retour, ses relations avec le second de Jack ne s’étaient pas améliorées, loin de là et les deux hommes avaient de plus en plus de difficultés à afficher la bonne entente de façade qu’ils avaient minée durant les cinq dernières années.

- Très bien Monsieur Gibbs. Répondit Thomas. Faites descendre la chaloupe. Nous y allons. Vous et moi.

Gibbs ouvrit la bouche pour discuter mais Thomas ne lui en laissa pas le temps

- C’est un ordre Gibbs.


Le vieil homme prit place dans la barque et Thomas lui désigna les rames avec une moue ironique, savourant les soufflements du second. Finalement, alors que les ténèbres du bayou se refermaient sur eux, Thomas prit la parole

- Soyons clairs Gibbs. Vous ne m’aimez pas. Je ne vous aime pas. Nous avons donc un problème

- Le seul problème que nous ayons sur le Black Pearl c’est l’absence de son vrai Capitaine. Rétorqua Gibbs.

- Absence qui durera encore dix ans que vous le vouliez ou non.

Gibbs ne répondit pas et posa les rames, fixant le jeune homme

- Vous allez me tuer ?


Thomas leva les yeux avec exaspération

- Ne sois pas stupide… Ce que je veux dire c’est que j’ai besoin d’un second sur lequel je puisse compter… Pas d’un homme qui fait mine de ne pas voir le Kraken m’attaquer.

- Vous vous en êtes sorti non ?

Thomas serra les poings

- Écoutez bien Gibbs parce que c’est la dernière fois que je me donne la peine de vous l’expliquer. JE suis capitaine du Pearl. JE suis l’époux de Kiara et NON je n’ai aucun besoin de m’en remettre à vous avant d’agir. Soit vous vous efforcez de faire avec cela et vous vous comportez en véritable second en cas de danger soit je vous débarque. Pigé ?


Gibbs, un peu effrayé le fixa

- Me .. Débarquer… Mais je n’ai pas ..

- D’autre endroit où aller ni de vie. Je sais cela. Mais j’ai été plus que patient il me semble. Alors dites une bonne fois pour toutes ce que vous avez sur le cœur qu’on en finisse

Gibbs prit une brutale inspiration, les mots sortant de sa bouche sans qu’il ne puisse les retenir

- Vous êtes un salaud… Vous abusez de tas de pauvres filles pour obtenir ce que vous voulez. Votre idée de la piraterie se résume à exploiter les informations des autres pour savoir où frapper. Vous êtes vicieux, pervers et écoeurant. Vous avez profité de la faiblesse de Miss Kiara pour la forcer à coucher avec vous , de l’absence de Jack pour lui voler son navire et vous êtes égoïste


Thomas ne cilla pas alors que Gibbs reprenait sa respiration.

- Quel portrait flatteur. Ironisa-t-il. Vous devriez parler avec le Gouverneur, vous avez beaucoup en commun

- Le Commodore Norrington a honte que vous soyez son fils comme j’ai honte de vous avoir comme Capitaine !! Répliqua Gibbs.

- Je crois que j’avais compris cela. Ironisa Thomas. Bien à présent tu vas m’écouter. Les filles avec lesquelles je couche sont plus que consentantes et crois moi aucune d’elle ne s’est jamais plaint… Pas même la si précieuse Elizabeth.

Gibbs ouvrit la bouche pour répondre mais Thomas lui imposa le silence d’un regard dur

- La ferme Gibbs. Tu as dit ce que tu avais à dire c’est mon tour. En ce qui concerne Kiara je pense que même toi tu reconnaîtras que l’adjectif faible n’est pas précisément approprié dans son cas si j’en crois les rares survivants qui ont eu le malheur de la croiser. Quand à Jack… Que crois tu que deviendrait le Pearl si Sparrow fils le dirigeait ?


Gibbs rougit, embarrassé au souvenir des quelques semaines durant lesquelles Dominic avait commandé le navire, se rappelant avec gêne de la réticence du jeune homme face à la piraterie

- Un navire de plaisance. Asséna durement Thomas. Tu crois que Jack voudrait ça pour son navire ? En ce qui concerne l’égoïsme que tu me prêtes… je n’ai rien à répondre… Ça ne rentre pas en ligne de compte dans le commandement du Pearl .

- Bien sûr que si ! Vous passez votre temps à nous envoyer au fil de vos envies ou de vos besoins écoeurants…

Thomas le regarda avec dureté

- Je n’ai pas de comptes à rendre sur les motivations de mes actes.


Gibbs secoua la tête.

- Non… C’est-ce que vous dites sans cesse. Comme quand vous avez envoyé les gars massacrer tout ces navires après Isla Grande… Et personne ne s’en plaint vu le profit en revanche votre cruauté…

Thomas accusa le coup, brusquement en colère

- Et pourquoi aurais je du être généreux avec des trafiquants d’enfants ??? Des hommes qui les vendent à ceux là qui côtoient mon père et qui sont si honorables pour qu’ils les prennent de force !!

Gibbs blêmit

- Quoi ? Pourquoi n’en avoir rien dit …

- Parce que cela ne te concernait pas. Répondit Thomas avec froideur.


Gibbs réfléchit quelques instants, perturbé par le jeune homme

- Si seulement vous étiez moins … orgueilleux

- Si seulement tu étais moins buté . Je ne te demande pas de m’aimer… même pas m’apprécier. Je ne te demande qu’une chose : m’appuyer en cas de besoin comme tout second le ferait. Est-ce que tu peux faire ça ou bien faut il que je te laisse ici ?

Gibbs soupira… Traquer des esclavagistes d’enfants… C’était une chose que Jack aurait pu faire… Et puis il devait bien admettre qu’au niveau piraterie … Thomas se débrouillait… Même si ses méthodes … Et puis qui veillerait sur le Pearl et sur Kiara si Thomas le débarquait ?

- Non.. Ça ira. Répondit il à contrecoeur.

- Bien. Se félicita Thomas. Nous sommes arrivés. Tu attends ici.

Gibbs frissonna légèrement au souvenir du récit que Pintel et Ragetti avaient fait de leur dernière visite au bayou

- Capitaine … Ici ?

Une ombre passa sur le visage de Thomas

- Rassurez vous… Il n’y aura pas de jaguars… Il n’y en aura plus. Ajouta-t-il avec amertume

Gibbs le regard avec surprise avant de répondre

- Je suppose que c’est pas la peine de vous demander comment vous le savez

- Vous voyez … Vous comprenez finalement. Ironisa Thomas avant de s’engager sur l’échelle menant à la demeure de Tia

 

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