Chapitre 11 Incursion chez un sultan

 Coucou ! Revoilà Thomas dans un chapitre avec un peu plus d’action que d’habitude ( oui il ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche lol) J’espère qu’il vous plaira , j’ai volontairement développé un peu ses relations avec Gibbs et par extension avec le reste de l’équipage ce qui fait qu’il est un peu long.Bonne lecture et … Reviews ?


 

Chapitre 11

 

Sur le pont du Black Pearl, Gibbs jeta un regard morne en direction de la porte de la cabine de Thomas, qui était soigneusement fermée comme toujours depuis qu’ils avaient mouillé dans le petit port asiatique dans lequel ils s’étaient rendus après la visite de Thomas à Singapour, un mois plus tôt. Marty s’approcha de Gibbs et poussa un soupir las.

- Le Capitaine il a pas dit quand est-ce qu’on partait ?

Gibbs lui renvoya son soupir et secoua la tête

- Non. Je crois qu’il nous a oublié… Ça fait un mois qu’on est ici et un mois qu’il passe son temps enfermé dans sa cabine avec tout ce que cette ville peut compter de catins. Cracha Gibbs avec mépris

Marty ne répondit pas, se contentant d’approuver du chef l’affirmation de Gibbs.

 

A cet instant,la porte de Thomas s’ouvrit enfin, livrant le passage au jeune capitaine et à la catin du jour autour de la taille de laquelle Thomas avait passé un bras possessif.

- Merci trésor. Lui souffla-t-il avec un sourire charmeur, écartant avec un geste doux l’une des longues mèches noires de la fille.

Cette dernière le regarda avec ferveur et se colla impudiquement contre lui sous les regards gênés et aussi un peu envieux des hommes de l’équipage

- Toi. Revient me voir. Annonça-t-elle en un anglais teinté d’un accent chantant. Pas besoin payer.

Le sourire de Thomas s’élargit et il se pencha sur le visage de sa compagne, l’embrassant à pleine bouche avant de la relâcher.

- Je saurais me souvenir de ton offre. Lui affirma-t-il avant de la pousser légèrement mais fermement vers la passerelle menant au quai.

 

Thomas suivit des yeux la silhouette déliée de la jeune catin un moment tandis que Gibbs se rapprochait de lui, les dents serrées de dégoût

- Capitaine Norrington…. Les hommes se demandaient justement quels étaient vos ordres. Et moi aussi. Annonça-t-il.

Thomas lui lança un regard surpris tandis que, encouragé par son inhabituelle absence de répartie, Gibbs continuait

- Ça fait presque un mois qu’on est là Capitaine et on ne sait même pas ce qu’on fait ici à part vous regarder coucher avec des putains …

- C’est donc ça qui vous gêne Gibbs…. Murmura Thomas.

- Ce qui me gêne c’est de voir le navire de Jack rester à quai parce que son capitaine intérimaire ne pense à rien d’autre qu’à coucher avec ..

- Des catins je sais. Le coupa Thomas d’un ton agacé.

 

Gibbs se tut et frissonna légèrement en voyant le jeune capitaine s’approcher de lui, une lueur dangereuse dans le regard

- Et bien sûr vous vous dites que c’est là l’occasion rêvée de montrer à tous à quel point leur capitaine est méprisable et égoïste n’est-ce pas ?

- C’est vous qui l’avez dit. Le défia Gibbs du regard.

Thomas sourit ironiquement et se tourna vers les hommes attroupés,qui, l’air de rien, n’avaient rien manqué de l’échange.

- Savez-vous qui est la fille qui vient de quitter la cabine ? Demanda-t-il.

Les hommes échangèrent des regards à la fois amusés et outrés à la pensée que Thomas les croit assez bêtes pour ne pas savoir que la fille était une prostituée qu’il payait grassement.

- Suuuuuuuur la plaaaaaaaaanche ! S’exclama brutalement le perroquet de Cotton qui suivait maintenant Bark depuis que son propriétaire avait succombé lors d’un abordage.

 

Thomas se crispa et jaugea les hommes du regard, notant du coin de l’œil que Gibbs s’écartait légèrement de lui pour rejoindre l’équipage.

- Pas d’autres suggestions ? Ironisa-t-il. Vous manquez d’imagination…

- La future Madame Norrington ? Suggéra Ragetti avec naïveté, faisant rire nerveusement certains de ses compagnons.

- Cette fois c’est trop imaginatif. Grimaça Thomas. Il n’y aura jamais de Madame Norrington. Déclara-t-il d’un ton sec. Quelqu’un a-t-il une autre idée ? Je veux dire à part me mettre sur une planche ou me mener à l’autel ? Encore que dans les deux cas le résultat soit le même. Ironisa-t-il.

Gibbs leva les yeux au ciel, agacé devant le petit discours de Thomas, manie de Jack qu’il reprenait curieusement à son compte. En plus pompeux ….

 

Thomas soupira d’un air navré et commença à parler

- Cette fille, cette catin s’appelle Lin Su. A moins que ce ne soit Su Lin …. Se demanda-t-il à voix haute. Enfin peu importe après tout ce n’est pas leur nom qui intéresse les hommes chez ces filles. Trancha-t-il , faisant rire au passage plusieurs membres d’équipage.

Gibbs se retourna vers ces derniers, agacé par cette habitude qu’avait Thomas de mettre les plus rétifs de son côté par une bonne blague compréhensible par tous.

- Donc Sun Li. Continua Thomas après avoir jeté un rapide coup d’œil à Gibbs. Se trouve avoir été l’une des putains favorites du sultan d’une petite forteresse située non loin d’ici

- C’est qui Sun Li ? Murmura Ragetti complètement perdu

- C’est la catin. Rétorqua Pintel sur le même ton

- Ah oui… Je le savais. Commenta Ragetti, soulagé avant de se rougir en s’apercevant que Thomas s’était interrompu et les fixait à présent avec impatience.

 

Sûr à présent d’avoir l’attention de son auditoire, Thomas continua, reprenant la parole d’une voix assurée

- Sa position de putain favorite a permis à Lin Su ou quelque soit son nom. Ajouta-t-il en voyant l’air à nouveau perdu de Ragetti. De visiter l’intégralité du palais du sultan, découvrant ainsi ses nombreuses richesses, tapis, bijoux, pierres précieuses… Énuméra-t-il sous les regards envieux de son équipage. Là où cela devient intéressant, c’est que cette fille a une mémoire… incroyable. Expliqua-t-il en sortant un morceau de parchemin de sa poche et en l’agitant sous le nez de ses hommes, souriant de les voir maîtriser un mouvement dans sa direction. Je lui ai donc demandé de me dessiner un plan d’accès de la forteresse…

 

Gibbs ouvrit la bouche, médusé tandis que les hommes échangeaient des regards ravis, toute rancœur envers Thomas oubliée

- Laaaaaaarguez les amaaaaaaaaaaaaaaarres ! S’écria le perroquet.

- Vous avez tous entendus le volatile. Ne put s’empêcher d’ironiser Thomas. Alors en route, on va chercher le trésor du sultan.

Les hommes s’empressèrent d’obéir et Thomas se retourna vers Gibbs, un sourire satisfait aux lèvres.

- Vous voyez… Il n’y a pas de temps perdu pour qui sait écouter ce que ces pauvres filles ont à dire. Ironisa Thomas.

- Comment saviez vous qui elle était ? Ne put s’empêcher de demander Gibbs.

Thomas haussa les épaules

- Je ne savais pas que c’était elle, mais je me suis dit qu’en les testant toutes je finirais par tomber sur la bonne. Et je dois dire que l’expérience était agréable en plus d’être lucrative

- Oui bah on a pas encore le trésor. Bougonna Gibbs.

- Nous l’aurons… Ce n’est qu’une question de temps. Répondit Thomas en étouffant un bâillement. A présent, je pense que vous comprendrez que j’ai besoin de repos… J’ai fourni beaucoup d’efforts. Ironisa Thomas. Maintenez le cap à l’ouest. Ordonna-t-il.

 

Gibbs le suivit du regard tandis qu’à ses côtés, Ragetti s’extasiait.

- Il est beau quand même… Murmura-t-il

Gibbs et Pintel échangèrent un regard incrédule et se retournèrent vers le pirate qui rougit brutalement.

- Bah c’est pas que moi qui le dit c’est les filles ! Se défendit il à la hâte

- Il est surtout doué pour embobiner les gens. Marmonna Gibbs d’un ton maussade. Je sais pas comment on appelle ça mais c’est qu’il est

- Il a un beau parleur ? Suggéra Pintel qui ne voulait pas être en reste.

- Non on dit qu’il a du charisme… En tout cas c’est que ma maman aurait dit. Larmoya Ragetti

- Du quoi ???? Lui demandèrent à l’unisson Gibbs et Pintel

- Charisme. Ça vient du grec ça veut dire qu’il a du prestige. Expliqua Ragetti

- Moi je dirais plutôt qu’il a un problème à tenir ce qui gigote dans son pantalon. Trancha Gibbs en s’éloignant tandis que Pintel gloussait

- Qu’est-ce qui veut dire ? Demanda Ragetti avant de glousser à son tour tandis que Pintel lui désignait son propre pantalon.

 

*

 

Ils mirent trois jours à se rendre au large de la forteresse contenant les richesses promises par Thomas et les hommes regardèrent avec réserve les hautes tours soigneusement gardées du palais du sultan, cherchant comment y pénétrer. Au côté de Thomas, Gibbs grimaça

- C’est bien gardé….

- Vous vous attendiez à ce qu’ils laissent les portes grandes ouvertes ? Ironisa le jeune homme, un éclat malicieux dans le regard

Gibbs lui renvoya un regard noir mais n’osa toutefois pas répliquer tandis que Thomas examinait le plan tracé à la hâte par la catin.

- Vous comptez séduire une fille pour rentrer ? Ne put s’empêcher de demander Gibbs qui trouvait que les plans de Thomas se ressemblaient tous

- Non bien sûr que non Gibbs, les filles sont à l’intérieur du palais, le sultan ne laisserait pas les membres de son harem batifoler gaiement en pleine mer. Ce que vous pouvez être stupide parfois

 

Gibbs rougit et se pencha sur lui

- Alors c’est quoi votre idée !!

- Les souterrains. Expliqua Thomas en lui montrant une vague ligne sur la carte

- C’est un souterrain ça ? On dirait plutôt un point. Observa Gibbs

- J’ai dit qu’elle avait une bonne mémoire, je n’ai jamais dit qu’elle était douée en dessin. Rétorqua Thomas. Et puis elle a d’autres talents qui compensent bien cela… Ajouta-t-il avec un sourire gourmand

- Admettons, les souterrains… Reprit Gibbs peu désireux d’entendre le jeune homme vanter ses exploits sexuels. Et on y va comment.

- En chaloupe. On cache le Pearl derrière cette crique, on prend les chaloupes et on passe par le souterrain à la nuit tombée. Une fois à l’intérieur, on suit ce couloir , on tue un ou deux gardes puis le trésor est nous. Expliqua Thomas en lui indiquant le chemin sur le dessin à mesure qu’il parlait. Des questions ?

 

Gibbs secoua la tête, répugnant à admettre qu’une fois de plus le plan de Thomas était parfait. Le jeune homme sourit et rabattit une mèche sombre qui lui tombait devant les yeux d’un geste élégant avant de reprendre la parole

- Puisque vous n’avez pas de questions on y va. L’attaque est pour ce soir, hors de question de leur laisser le temps de nous repérer et donc de se préparer. Ordonna-t-il

Gibbs marmonna dans sa barbe qu’il n’était pas complètement stupide et Thomas l’ignora une fois de plus, s’empressant d’aller vérifier l’armement de ses hommes.

 

*

 

Deux heures plus tard…. La nuit était tombée et Gibbs ne put réprimer un plaisir sadique à faire remarquer à Thomas que la pleine lune qui brillait sur l’eau empêchait toute approche discrète.

- Peste. Répondit le jeune homme. Il nous faut pourtant ce trésor… Attendons encore un peu…

Gibbs secoua la tête avec fatalisme

- Pas la peine, quand la lune est pleine elle reste pleine.

- La ferme Gibbs. Grinça Thomas.

Une heure plus tard, Gibbs, mi figue mi raisin observait le brouillard presque surnaturel qui avait envahi le ciel, empêchant d’y voir à deux mètres

- Et en plus il a de la chance ! Ragea-t-il en montant dans une des chaloupes que, tout content, Thomas avait fait apprêter.

- Je vous entends très bien Gibbs. Signala Thomas. Et ce n’est pas de la chance c’est la maîtrise du destin.

- Bah voyons… Marmonna Gibbs. Sale petit prétentieux …

- Je vous entends toujours vous savez… Ironisa Thomas qui avait cessé de se formaliser des récriminations de Gibbs (en vérité il s’en moquait éperdument )

 

Gibbs se raidit et le convoi de chaloupes se mit en branle silencieusement, Thomas plissant les yeux sur son compas pour dicter à voix basse la direction qu’ils devaient suivre. Au bout d’une demi heure environ de traversée, les deux chaloupes remplies de pirates arrivèrent à destination, peinant à s’introduire dans le goulet menant aux souterrains. Thomas en tête, le petit groupe d’hommes pénétra dans la grotte, l’arme à la main.

- Dites Capitaine vous êtes sûr que c’est pas un piège ? Murmura soudain Ragetti, impressionné par le silence qui régnait dans le couloir

- On est jamais sûr de rien. Répliqua Thomas, agacé, ce qui ne rassura pas ses hommes qui jetaient de fréquents coup d’œil nerveux autour d’eux.

 

Ils étaient arrivé à un peu près la moitié du souterrain humide, Thomas les pressant de peur que la marée ne monte et ne les coince comme des rats lorsqu’un grondement peu rassurant résonna.

- Ce… ce … c’était quoi ça ? Bredouilla Ragetti en se précipitant vers Thomas, se collant à lui

Le jeune homme se crispa et tenta de masquer son inquiétude

- Combien de fois il faudra que je te dise que j’aime pas les hommes ? Ironisa-t-il en sentant le souffle chargé d’ail de Ragetti sur son cou

Sa plaisanterie tomba à plat tandis qu’un nouveau grondement s’élevait, se rapprochant d’eux.

- Tant pis… Murmura Thomas. Gibbs faites de la lumière…

Le second obéit sans discuter tandis qu’un nouveau feulement se faisait entendre et tous purent découvrir l’animal au pelage sombre qui leur barrait le passage

- Un … un …un… chat géant…. Bredouilla Ragetti en serrant nerveusement le veston de Thomas

 

Thomas blêmit et prit une grande inspiration avant de corriger son homme par réflexe

- Non c’est un jaguar… Murmura-t-il en comprenant brutalement l’origine de la brume providentielle qui leur avait permis d’arriver jusque là.

- Qu’est-ce qu’on fait Capitaine Norrington ? Demanda Gibbs sans pouvoir masquer totalement sa satisfaction devant l’imprévu. Il était sur le dessin de la fille ?

Un regard noir de colère lui répondit

- Faudra qu’on parle tout les deux Gibbs. Grinça Thomas. Et je ne pense pas que cet animal soit au sultan

 

Tandis que les hommes échangeaient des petits regards inquiets et surpris, Thomas , le front légèrement en sueur s’approcha de l’animal qui grogna d’un air mauvais en réponse

- Il va vous manger ! S’exclama Ragetti, paniqué

- La ferme. Répondit Thomas d’une voix coupante en se baissant lentement sur l’animal. Tu peux m’offrir tout ce que tu veux je ne serais JAMAIS tien. Déclara-t-il au jaguar tandis que ses hommes secouaient la tête persuadés qu’il avait définitivement perdu l’esprit … ce qui somme toute ne les changeait guère de Jack.

 

L’animal feula et s’approcha de Thomas ses crocs et ses yeux luisant dans la semi obscurité. Le jeune homme déglutit et raffermit sa main sur son épée, la sortant très très lentement de son fourreau.

- Je sais que tu ne me tueras pas. Gronda Thomas. Ton maître me désire trop pour vouloir ma mort.

Derrière lui, les hommes échangèrent un regard perplexe tandis que Gibbs secouait la tête d’un air dégoûté en songeant que Thomas était vraiment imbu de lui-même.

Le jaguar gronda à nouveau et Thomas s’approcha de lui.

- Seulement…. Tu pourrais avoir envie de faire du mal à mes hommes… Pour me prouver je ne sais quelle ridicule théorie… Murmura-t-il avant de frapper, enfonçant sans pitié sa lame jusqu’à la garde dans la gorge du jaguar.

L’animal poussa un râle d’agonie et s’écroula sur le sol tandis que Ragetti ne pouvait s’empêcher de faire une remarque

- Pauvre petite bête… Murmura-t-il, oubliant les crocs de l’animal.

 

Thomas soupira, sa main effleurant un bref instant le pelage noir de l’animal et il se tourna vers ses hommes

- Dois je en conclure que vous préférez que je laisse la « pauvre petite bête » vous manger la prochaine fois que nous en rencontrerons une ?

Un silence lui répondit et Thomas sourit avec ironie

- Je me disais aussi…. Allez, assez perdu de temps, en route. Ordonna-t-il tandis qu’au dessus de leurs têtes un orage tout aussi brutal que violent éclatait.

Thomas leva un regard inquiet vers le plafond du souterrain, comprenant que c’était là la colère de Tezcatlipoca qui se déchaînait

- Tu sais que je n’avais pas le choix. Murmura-t-il plus que jamais sur ses gardes.

 

Gibbs dépassa avec prudence le corps de l’animal puis s’accorda quelques instants pour observer le visage de Thomas. Pas une seconde le jeune homme n’avait paru effrayé par le jaguar…. Pas plus qu’il n’avait semblé surpris de le trouver là. Non en fait Thomas paraissait juste troublé… comme si le jaguar avait une signification particulière pour lui. A moins bien entendu qu’il ne soit vraiment fou… mais de cela Gibbs commençait sérieusement à douter….

 

*

 

Les hommes de Thomas se déversèrent silencieusement dans le palais du sultan, l’arme sanglante du jeune homme laissant des petites traces à mesure qu’il progressait vers son but. Finalement ils parvinrent jusqu’à la petite salle indiquée par la catin et Thomas se tourna vers ses hommes

- Pintel, Ragetti vous faites le guet. Chuchota-t-il. Les autres avec moi. Prenez tout ce que vous pouvez porter.

- La porte est fermée. Observa Gibbs. Il faut la faire sauter et ça fera du bruit.

Thomas siffla entre ses dents avec agacement et sortit un morceau de métal de sa poche qu’il introduisit dans la serrure, au bout de quelques minutes de tâtonnement, cette dernière céda avec un léger cliquetis

 

Cette fois Gibbs ne put dissimuler sa surprise et il se tourna vers Thomas

- Comment faites vous ça ?

- Je m’y entraîne depuis que je suis enfant. Jeta Thomas. Sur la serrure du bureau de mon père… Allez Gibbs on y va

Ravis, les pirates s’engouffrèrent comme un seul homme dans la salle, emplissant leurs poches d’or et de bijoux tandis que Thomas faisait le tour de la salle choisissant soigneusement les objets qu’il emportait. Ils étaient absorbés par leur pillage lorsque un coassement résonna et Thomas se retourna vivement

- On y va !!

 

Ils sortirent juste à temps pour prêter main forte à Pintel et Ragetti, confrontés à une dizaine de soldats qui s’empressèrent de donner l’alerte.

- On passe en force. Hurla Thomas sans se soucier cette fois d’être discret.

Les pirates sur les talons, il s’engouffra dans le souterrain, tranchant les vies de ceux qui se dressaient sur son chemin avant de s’arrêter brutalement, foudroyé par une vive douleur à l’épaule. Les larmes aux yeux, Thomas tâtonna et rencontra sous ses doigts le bois d’une flèche tandis que Gibbs le poussait d’une bourrade.

- Trop gentil de m’aider… Murmura Thomas en retirant la flèche avec un gémissement.

 

Quelques minutes plus tard, ils remontaient en chaloupe, ramant rapidement vers le Pearl tandis que la forteresse s’illuminait et qu’ils se protégeaient comme ils pouvaient des salves de flèches qui les assaillaient.

- Bou… boulet de canon… Bredouilla Pintel en voyant un projectile arriver droit sur eux .

- A la nage ! Hurla Thomas en réponse sans attendre de voir si ses hommes lui obéissaient.

 

Ils nagèrent ainsi de longues minutes tandis que le brouillard se levait, faisant d’eux des cibles faciles. Finalement, ils remontèrent à bord, exténués.

- On lève l’ancre ! Pas le temps de flâner ! Ordonna Thomas, blanc comme un linge alors que le sang s ‘écoulait de sa blessure.

Heureusement pour lui, le Pearl méritait sa réputation de navire le plus rapide des océans et ils furent rapidement hors de portée des hommes du sultan. Haletant, Thomas se tourna alors vers Gibbs

- Des pertes ?

- Trois hommes. Répondit le second.

- Ce n’était pas leur jour. Grimaça Thomas. Venez avec moi. Ordonna-t-il ensuite en clopinant jusqu’à sa cabine.

 

*

 

Une fois à l’intérieur, Thomas se laissa tomber sur son lit et déchira sa chemise d’une main tremblante

- La pointe… Est dedans. Enlevez la.

Gibbs se pencha sur lui, farfouillant la blessure tandis que Thomas laissait échapper un gémissement de douleur fort peu masculin.

- C’est …. Comme ça … Que vous jouissez Gibbs ? Gémit il sans parvenir à adopter le ton ironique qui lui était habituel.

Gibbs ne répondit pas, prenant son temps pour fouiller la blessure et en retirant un à un les éclats. Finalement au bout d’un temps qui parut extrêmement long à Thomas il commença à bander la blessure

- Vous n’en mourrez pas. Déclara-t-il.

 

Thomas respira un grand coup et prit une gorgée de rhum, buvant à même le goulot

- Dommage pour vous hein ?

- Je ne comprends pas Capitaine. Répondit Gibbs.

- Vraiment ? Et comprenez vous ceci : Si jamais je vous entends encore une fois m’insulter devant mes hommes et remettre en question mon autorité je vous tue, second de Jack ou pas . C’est clair ?

- Parfaitement Capitaine Norrington. Cracha Gibbs

Thomas se retourna vers lui, ses yeux sombres plongeant dans ceux du vieil homme

- Je ne tiens pas à le faire Gibbs. Et je me moque de ce que vous pensez de moi… Mais je ne tiens pas à perdre une bataille parce que vous ne parvenez pas à maîtriser vos sentiments pour moi … Ce genre d’attitude n’est pas digne d’un second, surtout lors d’un abordage

 

Gibbs rougit légèrement, s’avouant de mauvaise grâce que le jeune homme avait raison et ne l’en détesta que plus.

- C’est vrai Capitaine … Mais il me semble que nous avons été face à un autre danger ce soir … Et que celui-ci ce n’est pas moi qui l’a attiré sur nos têtes.

Thomas se crispa et secoua la tête

- Le Pearl et vous n’avez rien à voir là dedans. Et je n’ai pas la moindre intention de vous confier mes secrets. Merci pour le bandage.

Se voyant congédié, Gibbs fixa le jeune homme

- Bien Capitaine. Toutefois il est de mon devoir de second de surveiller tout ce qui peut nuire au Pearl.

Thomas grimaça, reconnaissant que le vieil homme marquait un point

- Si cela s’avère nécessaire je vous raconterais tout Gibbs… A moins, que vous ne vouliez m’aider ? Le défia-t-il.

- Tant que ça concerne pas le navire de Jack… Rétorqua Gibbs avant de sortir, claquant la porte sur lui.

 

*

 

Dix jours plus tard…. Assis à une table d’une taverne agréable, la main glissée dans le corsage d’une fille, Thomas riait aux éclats en observant Marty en train d’acheter les faveurs d’une catin. Autour de lui, les membres du Pearl souriaient, complètement ivres après avoir touché leur part du profit que la vente des trésors du sultan avait rapporté. Même Gibbs dont les échanges avec Thomas se bornaient à présent au strict nécessaire, arborait un sourire détendu, apaisé par la réussite du Pearl et le contentement de ses hommes.

 

Un peu ivre, le vieil homme sourit même légèrement en voyant Thomas baratiner la fille, à l’aide de grands gestes, songeant que parfois il lui faisait penser à Jack…. Dommage qu’il ne lui ressemble pas plus se rembrunit il en imaginant sans peine les larmes que la fille verserait le lendemain en découvrant le départ de son amant… Encore que cette dernière étant manifestement une catin, elle devait s’attendre à ce genre de mésaventures…

 

Thomas gloussa et se pencha à l’oreille de la fille, murmurant d’une voix sensuelle ce qu’il envisageait pour elle et elle se retourna vers lui pour nouer les bras autour de son cou, l’embrassant goulûment. Thomas répondit au baiser, l’esprit ailleurs alors qu’il était légèrement déçu… Pourquoi donc les plus jolies n’étaient pas forcément les plus douées ? Tandis que la fille continuait à explorer sa bouche, Thomas se surprit à écouter d’une oreille distraite les conversations des marins de la table voisine lorsqu’il entendit une nouvelle qui le fit se relever brutalement, la fille glissant de ses genoux.

 

A terre, elle le regarda avec étonnement

- Tu m’as fait mal ! Gémit elle.

Thomas l’ignora totalement et se pencha vers ses voisins, le regard fiévreux

- Tu es sûr de la nouvelle que tu colportes ? Lui demanda-t-il, l’urgence dans la voix tandis que l’équipage du Pearl se levait brusquement, surpris par son comportement

L’homme que Thomas avait interpellé bredouilla

- Quoi je comprends pas ?

- Ce que tu viens de dire à ton ami c’est vrai ou pas ??? S’énerva Thomas.

- Oui… oui enfin … je crois. Répondit l’homme, surpris par sa colère

- Combien de temps ? Demanda Thomas d’une voix maîtrisée

- Bah à c’qu’on dit trois semaines…

 

Thomas digéra l’information et se tourna vers la salle

- L’équipage du Pearl, sur le pont. Immédiatement. Nous partons. Annonça-t-il en se dirigeant vers la porte.

La fille qu’il courtisait encore quelques secondes plus tôt le regarda avec surprise tandis qu’il ne lui adressait même pas un regard et les hommes du Pearl se tournèrent vers Gibbs qui haussa les épaules

- Vous avez entendu le capitaine… On lève l’ancre. Répéta-t-il.

 

Dans la taverne les deux hommes dont Thomas avait écouté la conversation roulèrent des yeux surpris, se demandant en quoi la nouvelle pouvait être aussi importante aux yeux du Capitaine Royal que l’on disait pourtant d’une froideur à toute épreuve…….

 

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Commentaires (5)

1. 16/01/2010

C'est vrai qu'on en apprend plus sur la relation que Thomas entretien avec Gibbs et son équipage, j'aime beaucoup justement, moi qui étais très curieuse de savoir un peu plus de détails sur la relation de Gibbs et Thomas...
D'ailleurs sa se voit que Jack manque beaucoup a Gibbs ! Vivement son retour !

Encore un jaguar, et, heureusement que Thomas l'a tué ! Sinon je pense que sa se serait super mal terminé...
C'est vrai que sur le coup sa m'a parrus bizarre se brouillard et tout...
Super chapitre :)
J'ai aimé l'action dedans !

2. 16/01/2010

Merciiiii j'essaie de varier un peu et ne pas toujours faire que de la romance... Pour les relations avec Gibbs, c'est dur lol

3. 19/01/2010

De rien !
Eh bien, c'est réussie je trouve :)
Lol oui je vois sa, je ne pense pas que ça s'arrange entre eux, Gibbs est trop habitué a son Capitaine Jack

4. 19/01/2010

Lol non hélas c'est pas prêt de s'arranger...

5. 13/02/2010

jai hate

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