Prologue

Bonjour à tous ! Et oui voici une nouvelle fiction… celle-ci est un dérivé de La seconde lune mais vous pouvez la lire sans avoir forcément lu cette fiction. Cependant je dois vous prévenir qu’elle avait avant tout centré sur des OC:

(Charity, Thomas Norrington : le fils de James Norrington et d'Eléna Sparrow devenu capitaine du Pearl et Kiara sa femme, veuve de Sao Feng et fille de Jack & Elizabeth) même si elle se passe dans l’univers de PoTC.

Voilà… Bonne lecture et …. Reviews ?

 

 

Prologue

 

 

Le soleil brillait haut dans le ciel du port de Bombay, diffusant une lumière orangée qui se reflétait dans les eaux claires de la baie animée. L‘air résonnait des cris des marins qui chargeaient les caisses remplies d’étoffes et d’épices rares dont les riches armateurs anglais remplissaient les ventres de leurs navires. Les matelots, petites silhouettes affairées, courraient en tout sens, se dépensant sans compter pour justifier leur solde.

Sur le quai, vêtue d’une robe sagement décolletée faite d’une étoffe prune qui mettait en valeur sa carnation d’authentique rousse, Charity Dortwood posa ses grands yeux noisette sur son père. Ce dernier à quelques mètres d’elle, parlait avec l’Amiral Rawlings, fleuron de la Marine Anglaise à qui il avait sacrifié sa virilité à l’occasion d’une bataille sanglante contre les indigènes locaux. Bien entendu, la bienséance aurait voulu que Charity ignora cet épisode peu glorieux de la carrière de l’Amiral mais la jeune femme était d’une nature curieuse et les salons souvent mal insonorisés… Charity soupira lourdement sans réussir à détourner son père de sa conversation avec l’Amiral qui était également l’un des grands amis de sa famille.

 

C’était du reste en cette qualité qu’il avait été choisi pour la conduire jusqu’en Angleterre où elle ferait un mariage prestigieux avec le Duc de Norfolk et apporterait ainsi richesse et gloire à sa famille. Leur conciliabule terminé, l’ Amiral et son père s’approchèrent de la jeune fille qui leur fit un sourire forcé.

« Très bien mon cher Thimoty, je remets donc entre vos mains mon bien le plus précieux, ma fille Charity »

Le vieil Amiral posa un regard attendri sur la jeune beauté de dix sept printemps dont il venait d’accepter la charge et qui selon toute vraisemblance serait bientôt la toute puissante Duchesse de Norfolk.

« J’en prendrais grand soin mon ami. Comme s’il s’agissait de ma propre fille » , promit l’Amiral

Charity se laissa embrasser par son père sans un mot. Elle avait le cœur serré à la pensée qu’elle ne le reverrait sans doute jamais. Pas plus qu’elle ne reverrait sans doute ces Indes lointaines qui l’avaient vue grandir, la route entre l’Angleterre et ces dernières étant de plus en plus dangereuse. Ce qui était en fait la raison pour laquelle Dortwood avait sollicité l’Amiral pour conduire sa fille à bon port.

Mr Dortwood regarda sa fille avec émotion et prit doucement son visage entre ses mains, détaillant une dernière fois ses traits réguliers et ses lèvres charnues. Ce visage qui valait à sa famille l’honneur d’avoir été distinguée pour fournir une épouse et un ventre au Duc de Norfolk.

« Charity, ma si jolie Charity, soupira-t-il. Sais tu que tu me manqueras beaucoup une fois que tu seras partie ? »

Encouragée, la jeune fille posa un regard brillant de larmes sur son père

« Alors gardez moi avec vous au lieu de m’envoyer en Angleterre aussi vite. Attendons un peu, comme ça vous pourrez m’accompagner et être là pour mon mariage ! » S’exclama-t-elle

Le visage de son père se ferma et ce fut d’une voix sévère qu’il lui répondit

« Tu sais bien qu’il est impossible d’attendre Charity. Il vaut mieux pour toi partir au plus vite en Angleterre. Après tout nous savons tout les deux à quel point tu es pressée de te marier »

Charity rougit et évita le regard de son père qui s’écarta lui aussi. Au milieu du port animé et à l’heure de leurs adieux, le souvenir de ce qui avait précipité son départ pour l’Angleterre se dressait brusquement entre eux. Le ventre tordu, Charity se rappela Jon, le domestique indien un peu trop pressant qui lui avait volé son premier baiser quelques semaines plus tôt. Après une chevauchée échevelée qui avait éveillé tout les appétits charnels d’une nature généreuse, Charity avait posé un regard brillant sur Jon. Ainsi qu’il se devait, le domestique lui avait présenté sa main pour l’aider à descendre de cheval. Charity l’avait prise avec fermeté et avait sourit de voir le regard du jeune indigène s’attarder un peu plus que de rigueur sur son décolleté. Elle avait frissonné en y lisant le désir, aiguillée par son instinct de femme. Poussée par une curiosité bien légitime elle avait sourit et demandé au jeune homme de la porter. Évidemment Jon avait obéi.

 

Lorsqu’il l’avait soulevée de sa selle, Charity avait noué ses bras autour de son cou, son corps juvénile et inexpérimenté appelant des caresses. Leurs regards s’étaient épousés et Jon avait marmonné quelques mots en indi qu’elle n’avait pas compris. Avant qu’elle ait eu le temps de protester, ce qu’elle n’avait de toute manière jamais eu l’intention de faire, Jon l’avait plaquée contre le mur de l’écurie. Charity avait écarté des lèvres tremblantes d’impatience lorsque Jon avait écrasé sa bouche contre la sienne. Elle avait à peine eu le temps de savourer le baiser.

 

Son père était entré dans l’écurie à ce moment précis. La scène qui avait suivi avait été terrible. Il les avait arrachés l’un à l’autre. Il l’avait même frappée pour la première fois depuis sa naissance avant de lui ordonner de rejoindre sa chambre et d’y rester. Puis comme si cela ne suffisait pas, il l’avait invectivée, la traitant de fille perdue et de catin. Charity avait presque été soulagée de rejoindre sa chambre. Elle y avait passé trois jours seule, enfermée sans boire ni manger. Le quatrième jour son père était entré, une expression à la fois sévère et déçue sur le visage. La conversation qui avait suivi avait été dénuée de chaleur. Il avait commencé par lui faire part de l’immensité de sa déception, puis l’avait accusée d’avoir déshonoré leur famille en se comportant comme l’une de ces « femmes de mauvaise vie ». Ce qu’elle deviendrait immanquablement s’il ne se chargeait pas de la remettre sur le droit chemin. Une série d’insultes que Charity estimait au fond d’elle ne pas avoir mérité (elle n’avait après tout rien fait de plus que de se laisser embrasser par un domestique) avait terminé le sermon. Elle avait répondu par de larmoyantes excuses et protestations d’innocence vertueuse . Cela avait un peu calmé son père qui s’était contenté de lui ordonner de demeurer dans sa chambre jusqu’à ce qu’il ait pris sa décision la concernant.

Il avait mis plus d’une semaine à le faire et avait fini par lui annoncer que son mariage, décidé deux ans plus tôt après que la réputation de la beauté de la jeune fille ait traversé les océans jusqu’à revenir aux oreilles du Duc, qui passionné d’art et d’objets précieux, avait vu sa curiosité suffisamment éveillée pour réclamer qu’on lui envoie un portrait. Ce dernier avait donc été peint avec diligence par l’un des meilleurs portraitistes des Indes (qui pour une fois n’avait eu nul besoin d’embellir son modèle) et envoyé au Duc. En le voyant, ce dernier avait décidé qu’il lui fallait absolument posséder une telle beauté. Ses avoués s’étaient chargés du reste.

 

Le mariage avait été conclu entre son père et les avocats. Charity n’avait pas eu d’autre choix que de s’y soumettre. Mais, après tout devenir Duchesse de Norfolk n’était pas le genre de chose que l’on pouvait refuser. Elle épouserait donc l’anglais et permettrait ainsi à ce dernier de l’exhiber comme il lui plairait. A condition toutefois qu’elle reste intacte jusqu’à son mariage… Les avoués du Duc avaient clairement expliqué au père de Charity que la jeune fille serait soumise à un examen médical avant les épousailles afin de vérifier sa pureté, à l’instar de tous les joyaux dont le Duc se portait acquéreur. Ce qui expliquait sa présence sur le quai.

La voix de Dortwood s’éleva à nouveau, chassant la gêne et le silence qui s’étaient installés entre le père et la fille

« Sois aussi sage que belle ma chérie »,lui enjoignit il, la ramenant au présent.

Désireuse de ne plus le mécontenter, Charity hocha vigoureusement la tête, agitant ses boucles auburn

« Je ne vous décevrais pas » promit elle avec conviction.

Son père la fixa, partagé entre la tristesse et l’exigence de sévérité qu’il s’était donnée.

« Je l’espère Charity, lui déclara-t-il gravement. Et cela d’autant plus que je n’ai plus que toi.

- Justement Père, je vous en prie, ne m’y envoyez pas maintenant, plaida Charity. Laissez passer quelques mois je vous en conjure, je vous promets de me conduire avec retenue et de ne rien faire qui pourrait me compromettre »

Dortwood hésita, le cœur serré à l’idée de devoir dire adieu à celle qui était depuis des années le régal de ses yeux et son unique consolation face au vide que son épouse avait laissé en mourant. Pourtant, l’ambition l’emporta sur la tendresse.

« C’est impossible Charity. Ton fiancé t’attend avec impatience et personne ne fait attendre un Duc. Tu comprendras cela une fois que tu seras Duchesse.

- Comment pourrait il m’attendre ? Il ne me connaît même pas ! Argua Charity qui n’arrivait pas à se résoudre à ce mariage arrangé même si elle le savait être la règle pour les jeunes filles de sa classe.

- C’est ainsi ma fille, répondit son père la gorge nouée par l’émotion. Tu me manqueras Charity mais je suis sûr que le Duc sera un bon époux pour toi »

Sur ces mots il la serra le plus fort qu’il put contre lui avant de la relâcher à regret, la remettant à l’Amiral.

Charity embarqua, le cœur lourd et plus d’une larme roula sur ses joues veloutées lorsque le fier trois mâts de la marine anglaise quitta le port , la séparant de sa famille et de la seule vie qu’elle ait jamais connue

 

 

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