Chapitre 5 La femme de Thomas

Bonjour à tous ! Voici donc la suite des aventures de Charity et le détail de sa rencontre avec Kiara. J’espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture et … Reviews ?

Attention, contenu sexuel déconseillé aux plus jeunes

 

Chapitre 5

 

 

Le voyage dura trois semaines durant lesquelles Charity eut tout loisir d’expérimenter ce que Thomas ne lui avait pas dévoilé de la perversion des hommes. Lorsque le navire sur lequel elle s’était engagée jeta l’ancre dans la baie de Singapour, Charity poussa un soupir soulagé. Ce n’était pas que le capitaine fut désagréable au bout du compte. Mais la fougue de sa jeunesse et de son cœur en éveil attendaient d’autres caresses.

 

Le capitaine, quand à lui, s’était laissé prendre au piège de la jouissance de Charity. Aussi posa-t-il ses yeux lavasses aux paupières tombantes sur elle.

«  Que comptes tu faire ? »

Charity le considéra et retint son dégoût avec peine

«  Nous sommes à Singapour . Il semble que notre accord soit terminé »

Le capitaine avança une main graisseuse vers ses fesses.

«  Tu n’es plus à ça près »

 

Le sang de Charity ne fit qu’un tour. Elle écrasa sa main sur le visage rougeaud et releva la tête avec fierté.

«  J’ai payé mon passage »

Le capitaine souffla avec rage.

«  Sale catin  viens ici »

Charity lui échappa et s’enfonça dans la foule bigarrée de Singapour.

«  Connaissez vous Kiara ? » demandait elle à chaque personne qu’elle rencontrait

 

La nuit tomba sur Singapour sans lui apporter de réponse et Charity finit par se recroqueviller dans un coin pour dormir.

 

Le lendemain lorsqu’elle ouvrit les yeux, Charity fronça le nez sous les odeurs nauséabondes qu’exhalait la ville. Sa main chercha par automatisme le petit poignard qu’elle avait dérobé quelques jours plus tôt à son « bienfaiteur » et elle se leva avec difficulté. Un homme s’approcha d’elle et lui dit quelques mots qu’elle ne comprit pas.

«  Je ne parle pas votre langue » Répondit elle.

 

Le regard égrillard de l’asiatique se posa sur sa poitrine et il lui montra une maison d’où s’échappait une odeur de poisson. Le cœur de Charity se souleva et elle recula.

«  Je ne suis pas une putain » Répondit elle avec morgue.

Sans attendre de savoir si l’autre l’avait comprise, elle releva ses jupes et s’enfonça dans les ruelles.

 

Au bout de quelques heures, elle fut bien obligée de se rendre à l’évidence : elle était perdue. Et elle avait faim. Charity se força au calme et regarda autour d’elle. Finalement, elle repéra un groupe de femmes et s’approcha

«  Auriez vous de quoi manger ? » Demanda-t-elle

Les femmes se retournèrent vers elle et Charity se sentit un peu rassérénée. Celles-ci étaient jeunes et belles, sans doute l’aideraient elles. La plus âgée du groupe dit quelques mots à ses compagnes et Charity fit un sourire incertain. La jeune fille crut défaillir de soulagement en la voyant se pencher pour ramasser quelque chose mais au lieu de la soupe chaude, elle reçut une volée de pierres.

«  Sauvages ! » Hurla Charity avant de s’enfuir.

 

Elle courut longtemps et finit par revenir au port. Là, elle s’appuya contre un mur, les larmes aux yeux. Elle ne trouverait jamais Kiara dans cette ville… Son regard perdu passa sur le port et elle frémit en reconnaissant l’uniforme des soldats de la Navy. Si ces derniers l’arrêtaient, ils seraient fort capables de la renvoyer à son père. Et là elle ne reverrait plus jamais Thomas.

 

Thomas. La pensée de son amant ranima le courage de Charity et elle se dirigea d’un pas résolu vers les navires.

«  Connaissez vous Kiara ? » Demanda-t-elle à tout les hommes qu’elle croisait, repoussant avec morgue les invites peu subtiles qu’ils lui faisaient.

Sa persévérance finit par payer et un asiatique richement vêtu lui répondit

«  Je connais une Kiara oui. Mais je ne vois pas ce que vous auriez en commun »

Des tas de choses , songea Charity en vérifiant si son poignard était toujours là

«  La Kiara que je cherche est veuve. Précisa-t-elle. Et pirate » Finit elle par chuchoter.

 

L’homme la toisa d’un air moqueur.

«  Oui je crois que dire que Kiara Feng est une pirate est assez vrai »

Feng ? Se demanda Charity

«  Que veux tu au capitaine Feng ? »

La tuer.

«  J’aimerais la rencontrer , j’ai .. Des nouvelles de son mari .

- Norrington ! S’exclama l’homme en crachant sur le sol. Puisse ce bâtard être mort pour ce qu’il a fait »

 

Charity frémit d’indignation et se mordit la lèvre pour ne pas jeter au visage de l’autre que Thomas en valait dix comme lui. Au lieu de ça, elle se força à dire d’une voix douce.

«  Où puis je la trouver ? »

L’homme la toisa un long moment puis finit par sourire

«  Je suppose que le Capitaine Feng saura quoi faire de toi. Va jusqu’au bout du quai puis avance dans les ruelles. Lorsque tu seras face à des portes massives tu seras arrivée »

Charity laissa échapper un soupir de soulagement et se retint à grand peine pour ne pas lui sauter au cou. Maintenant qu’elle était si proche de retrouver son amoureux, elle n’allait pas risquer de tout compromettre par un geste hâtif.

 

Au terme d’une longue marche, elle finit par s’arrêter devant de lourdes portes dissimulées dans un coin sombre. Charity se mordit les lèvres. L’endroit était lugubre voir même pire. Jamais elle ne se serait imaginé que de tels lieux existaient. Elle adressa une pensée compatissante à Thomas qui se retrouvait marié à une harpie , qui aurait pu vouloir vivre ici hormis une folle ?, et serra son poignard. Alors seulement, elle abattit sa main sur le battant.

 

La porte s’ouvrit avec un grincement et le cœur de Charity manqua un battement en découvrant l’asiatique lourdement armé qui lui faisait face.

«  Je suis venue voir Kiara Feng » Déclara-t-elle

L’homme ne cilla pas et Charity se demanda brusquement si Kiara était l’une de ses asiatiques de race inférieure. Si c’était le cas, Thomas était encore plus à plaindre ! Alors qu’elle songeait à tout cela, la porte se referma sur elle.

 

Outrée, Charity regarda stupidement la porte close. Quel était donc cet endroit où des esclaves refusaient d’obéir ? En effet, Charity avait été élevée dans les Indes. La population locale, les indigènes, n’étaient à ses yeux que des serviteurs, des esclaves dont son père disposait. Et voilà que dans une ville normalement sous la tutelle de l’Empire un indigène osait la laisser dehors ? Elle hésitait sur la conduite à tenir lorsque la porte se rouvrit . L’homme lui fit signe d’entrer et Charity hésita un bref instant.

 

Ce qu’elle apercevait de l’intérieur lui semblait plus lugubre encore que la ruelle mais elle affermit son courage. Elle devait le faire. Pour Thomas. Les jambes flageolantes, Charity pénétra dans la salle. Derrière elle, la porte se referma avec un bruit sec.

 

Charity l’entendit à peine. Le cœur au bord des lèvres, elle sentit des odeurs de sang et de sueur lui monter à la tête. Sans s’apercevoir de son malaise, l’homme la toisa

«  Toi. Nue. »

Charity le fixa avec hauteur et croisa instinctivement les bras sur sa vieille robe d’apparat qui avait connu des jours meilleurs.

«  Sûrement pas

- Si toi veux voir Capitaine. Toi nue » répéta l’homme.

Charity le regarda sans bouger. Le visage impassible de l’homme n’exprimait rien. Pourtant, elle eut l’intuition qu’un refus signerait son arrêt de mort. Charity ne voulait pas mourir aussi se dépouilla-t-elle de sa robe avec des gestes rageurs. L’expression de l’homme ne varia pas lorsqu’elle lui apparut seulement vêtue d’une camisole dont la blancheur n’était plus qu’un lointain souvenir. Il se contenta de lui arracher son poignard puis lui fit signe de le suivre.

 

()()

 

Charity avait l’impression d’avoir poussé une porte menant en enfer. Plus ils s’enfonçaient dans la forteresse, plus ils descendaient dans les ténèbres. Les couloirs étaient nombreux et Charity découvrit avec terreur des corps suppliciés et des tortures raffinées dans presque chacun d’entre eux. Le silence n’ était brisé que par le bruit de leurs pas et les gémissements des hommes qui subissaient la colère de Kiara. Pour la première fois, Charity se surprit à regretter sa venue. De ce qu’elle en voyait, Kiara ne semblait pas être du genre à se laisser tuer facilement…

 

Au bout d’une longue marche son guide la fit pénétrer dans une salle haute et richement décorée au milieu de laquelle jouaient deux jeunes enfants asiatiques sous l’œil attentif d’une femme blonde à peine plus âgée qu’elle-même. Charity nota le trône sur lequel la femme était assise puis cette dernière s’adressa à son guide.

 

Son ton était sec et Charity vit l’homme s’incliner avec respect en lui donnant le poignard dont elle s’était inutilement munie. Les yeux de la blonde suivirent ses gestes et Charity vit un léger sourire ourler ses lèvres. Puis, la femme se tourna vers elle.

«  Que pensais tu faire de ceci ? »

Charity ne répondit pas. Elle était trop impressionnée par l’allure fière de la femme et sa beauté pour le faire. Comment une telle femme pouvait elle servir une vieille veuve ? Se demanda-t-elle.

«  Seigneur, s’impatienta la femme, dépêche toi de me répondre. Tu comprends l’anglais au moins ?

- Oui » répondit Charity fascinée par l’assurance de la femme.

 

Le regard sombre de cette dernière se posa à nouveau sur le poignard puis elle reprit

«  Alors répond. Pourquoi viens tu me voir ainsi armée ? Qui t’envoie ? »

Charity écarquilla les yeux. Ce ne pouvait pas être possible… La femme de Thomas était veuve et celle-ci était jeune ! Elle qui s’était imaginée une Kiara au visage fané par les ans devait bien admettre que celle-ci n’avait rien de commun avec une veuve. Au contraire. Non seulement la femme de Thomas était jeune mais elle dut bien reconnaître qu’en plus elle était belle.

«  Personne » finit elle par répondre.

 

Kiara Feng haussa le sourcil puis posa un regard moqueur sur elle

«  Alors pourquoi es tu ici ? Tu espérais vraiment me tuer avec ton jouet ? »

Charity prit une inspiration. Son regard se posa sur le sabre qui ceignait la ceinture de Kiara et qu’elle devina ne pas être d’apparat. Elle se sentait ridicule. Comment avait elle pu croire qu’elle pourrait tuer une telle femme ? Incapable de résister au regard impérieux de l’autre elle rassembla son courage pour répondre

«  Je suis venue pour que vous laissiez Thomas tranquille » Déclara-t-elle en baissant les yeux et retenant ses larmes à la pensée qu’elle était trop jeune pour mourir.

 

Charity s’était attendu à tout sauf à la réaction qu’eut Kiara. Un éclat de rire résonna dans la pièce et Charity leva les yeux vers sa rivale qui s’esclaffait de bon cœur.

«  Norrington ? C’est à cause de lui que tu es là ? » Se moqua Kiara.

Vexée par son rire, Charity reprit de l’assurance et la toisa

« A cause de vous il ne peut pas m’épouser .

- Alors tu t’es dit que le mieux serait d’évincer ta rivale en la tuant ? » Ironisa Kiara.

 

Cette fois Charity ne répondit pas. Inquiète, elle se remémora les scènes de tortures entrevues et frissonna.

«  Je vais t’épargner cette peine. Pour ce que j’ai à en dire, tu peux prendre Norrington. Tu peux le tuer, le satisfaire ou tout ce qu’il te plaira de faire avec lui. »

Charity la fixa, sa peur laissant place à sa surprise. Avait elle bien entendu ? Elle venait d’annoncer ( ou du moins c’était comme tel ) à cette femme qu’elle voulait son époux, qu’elle était sa maîtresse et … c’était ça sa réaction ?

 

Kiara lui fit un sourire franchement amusé en lisant sa surprise sur son visage et se leva avec légèreté

« Que croyais tu ? Que j’allais me battre pour lui ? Je ne me bas que pour les choses qui ont une valeur… Et ce bâtard n’en a aucune »

La colère monta en Charity. Comment cette femme osait elle dénigrer ainsi un homme aussi parfait que son Thomas !

« Comment pouvez dire ça ! Thomas est .. Il est …

- Celui qui t’a dépucelée ? Ironisa Kiara qui s’amusait franchement. Laisse moi deviner.. Il t’a dit à quel point tu étais belle … à quel point il était obsédé par toi… Jusqu’à ce que tu écartes les cuisses… Et le lendemain il t’a laissée tomber…

- Non c’est faux !! Il, il … m’a aimée et s’il m’a rendue à ma famille c’était parce que , parce qu’il considérait ne rien avoir à m’offrir .. À cause de vous ! »

 

Kiara secoua la tête en affectant un air navré.

« Je n’ai rien à voir là dedans . Norrington et moi nous avons un accord rien de plus. Ce qui m’étonne c’est qu’il t’ait parlé de moi. Ça n’est pas dans notre accord et je n’ai guère envie de supporter les minables tentatives d’assassinat des pauvres filles que Norrington abuse. Ajouta Kiara d’un ton dur.

- Il ne m’a pas abusée il m’a …

- Baisée. Je crois que ça je l’ai compris. Et toi au bout d’une nuit tu t’imagines être son grand amour éternel ? »

Charity regimba devant le mépris visible de cette femme qui, finalement, n’était pas si exceptionnelle malgré ses grands airs puisqu’elle ne réussissait même pas à garder son mari dans son lit

«  Pas une nuit … Des tas de nuits… » La corrigea-t-elle en relevant la tête d’un air fier.

 

Un silence salua sa déclaration et Charity sentit le regard de Kiara peser sur elle. L’examen dura longtemps et Kiara finit par reprendre la parole

« Comment t’appelles tu ?

- Charity. Répondit cette dernière, inquiète à la pensée qu’elle était à présent entièrement au pouvoir de cette femme

- T’a-t-il engrossée ? » Lui demanda Kiara.

Charity blêmit et secoua négativement la tête

« Parfait. » Commenta Kiara sans que Charity ne parvienne à savoir si c’était une bonne ou une mauvaise chose.

 

Kiara sourit lentement

« Tu es prête à tout pour Norrington n’est-ce pas ? Pour le sentir à nouveau dans ton cul ou où qu’il veuille te la mettre ? »

Charity la regarda avec écoeurement. Comment Thomas pouvait il être marié avec une femme pareille ? Dépourvue de manières, vulgaire, cruelle

« Répond. Exigea durement Kiara.

- Oui… Souffla Charity

- Tu es consciente que venir ici pour me tuer était une idée stupide ?

- Vous allez me tuer … Répondit Charity, le cœur lourd à cette idée.

- Et passer à côté d’un joli profit ? Sûrement pas… A moins que tu ne préfères ça .. »

 

Charity la regarda sans comprendre . Profit ? De quoi parlait elle ?

« Comme tu es la putain de mon mari… et que tu es venue ici pour me tuer, je trouve juste qu’en.. Punition. Tu deviennes la catin de ceux à qui je t’offrirais. Commença Kiara avec froideur

- Qu… quoi ?

- Mes .. Hommes aiment beaucoup les putes occidentales. Tu leur serviras de récompense jusqu’à ce que Norrington revienne me voir. Il va sans dire que lorsqu’il sera là tu auras plutôt intérêt à l’amener dans ton lit et à l’y garder. Voilà le prix pour ta vie petite idiote »

 

Charity prit une longue inspiration. Cette femme était … horrible. Comment pouvait elle ? C’était ça que Thomas appelait intelligente ? Cette femme là qu’il semblait tellement admirer ?

« Sommes nous d’accord ? » Lui demanda Kiara.

Charity n’hésita qu’une seconde .. Après tout ce que l’autre lui proposait servait ses intérêts en lui permettant d’attendre Thomas… Se donner à des hommes n’était qu’accessoire… finalement.

«  Oui. »

Kiara lui lança un long regard méprisant et fit signe à l’une de ses servantes

« Aucune fierté. Commenta-t-elle avant de s’adresser en chinois à la fille. Elle va te conduire et te donner d’autres vêtements, j’aime que les filles de mes bordels soient bien habillées. »

 

Charity ne répondit pas et la poigne de la servante se referma sur son bras. Kiara se détourna pour parler à son portier et Charity eut à peine le temps de la voir blêmir que déjà la servante l’entraînait.

 

()()

 

Charity posa un regard traqué autour d’elle. Tout allait trop vite. Elle avait cru tuer une vieille femme fanée et voilà qu’elle se retrouvait prisonnière d’une femme dont la cruauté semblait égaler la beauté. La servante la poussa sans ménagement dans une pièce et la toisa

«  Capitaine Feng aime ses femmes propres » Déclara-t-elle dans un anglais rudimentaire.

Charity se sentit rougir. Elle n’avait pas pris de bain depuis le fameux soir où son père l’avait battue.

 

La servante lui jeta un petit regard rempli de mépris et lui désigna le baquet d’eau chaude. Charity s’y enfonça sans rien dire et l’autre lui jeta un savon

«  Lave toi »

La jeune fille obéit avec reconnaissance et goûta le plaisir de sentir l’eau chaude sur ses membres endoloris tandis que la servante s’affairait dans la pièce. Au bout d’un moment la chinoise lui jeta une serviette et Charity se décida à sortir de l’eau. La détente était passée.

 

Les mains de la servante s’affairèrent avec rapidité et Charity grimaça. La tenue asiatique que l’autre lui avait fait revêtir n’avait rien de confortable. La jeune femme poussa un cri de douleur lorsque l’autre brossa ses cheveux puis les releva sur sa nuque. Enfin, Charity frémit lorsque son visage fut poudré. La poudre était l’artifice des catins, c’était ce que son père avait toujours dit.

 

Elle ne savait pas à quoi elle ressemblait lorsque la servante lui intima de rejoindre Kiara.

 

Ne sachant quoi faire, Charity s’immobilisa. La femme de Thomas semblait absorbée par sa conversation avec un homme au visage familier. Ce dernier s’arrêta brusquement de parler et Charity lut le désir dans son regard. Kiara se retourna et l’embrassa d’un regard appréciateur avant de reporter son attention sur l’homme.

« Oh c’est vrai Gouverneur, je ne vous ai pas présentés… Voici Charity, la dernière maîtresse en date de votre fils et la nouvelle recrue de mon bordel. »

 

Charity détailla avec avidité le visage de l’homme. Ainsi c’était le père de Thomas ! Elle ne s’était donc pas trompée en imaginant des origines aristocratiques au jeune homme.

«  Si vous en avez envie je vous la prête. Ironisa Kiara. Je vous promets de ne rien dire à votre femme. Prenez simplement garde de ne pas lui faire un bâtard.. Notre famille en est suffisamment pourvue selon moi. »

Charity frémit en voyant la lueur que les mots de Kiara venait d’allumer dans le regard du père de Thomas. Pourtant il détourna le regard:

« Aussi jolie soit elle, je suis engagé auprès d’ Eléna. Et mon honneur ainsi que mon amour me commandent de ne rien faire qui puisse la blesser. »

 

Charity le regarda avec admiration tandis que Kiara la congédiait d’un geste. Heureuse de s’en être sortie à si bon compte, Charity s’empressa d’obéir. Là, la servante qui l’avait accompagnée lui prit le bras et la guida jusqu’à une chambre au confort sommaire.

 

Les heures s’écoulèrent. Des heures durant lesquelles Charity eut le temps de réfléchir à ce qu’elle avait vu. De toute évidence, Kiara n’était pas une femme jalouse. Pour un peu on pourrait même croire qu’elle se moquait éperdument de Thomas. Pourtant elle l’avait épousé… Charity se remémora chaque mot de leur brève conversation. Kiara avait dit qu’elle devrait lui obéir … Mais elle avait dit aussi que lorsque Thomas reviendrait… Il serait à elle.

 

Charity sourit à cette pensée et elle en oublia le genre de service que Kiara exigeait d’elle.

 

Jusqu’à ce que la porte de sa chambre ne s’ouvre.

 

Charity posa un regard surpris sur l’asiatique qui venait d’entrer. Ce dernier la toisa puis la força à relever son visage.

«  Le Capitaine Feng m’offre une récompense » Déclara-t-il.

Charity se troubla légèrement tandis que l’autre défaisait sa coiffure avec un rire ironique

«  Une putain d’occident »

Charity rougit violemment et posa un regard brûlant de haine sur l’homme qui s’allongea sur le lit

«  Satisfait moi »

 

Charity se mordit la lèvre. Maintenant que le moment était venu, elle commençait à prendre conscience de la cruauté du sort auquel l’avait condamnée Kiara. Un instant elle envisagea de refuser mais les corps suppliciés lui revinrent en mémoire et elle se pencha sur l’homme.

 

La jeune femme glissa sa main sur le ventre du chinois et il entrouvrit les yeux.

«  Met toi nue »

Une boule dans la gorge, Charity obéit et l’homme retint son souffle. La jeune femme se rassura un peu en lisant l’admiration dans son regard. Sans parler, il lui fit signe d’approcher et elle sentit ses mains rêches caresser son corps, s’attardant sur ses fesses avant d’empoigner ses seins. Un soupir échappa à la jeune femme. Contrairement au capitaine qui n’avait songé qu’à son plaisir, celui-ci parcourait son corps, le palpait comme s’il ne pouvait pas s’en repaître. Un léger cri de plaisir lui échappa à nouveau lorsqu’il la bascula sous lui pour la prendre d’une brusque poussée.

Le cœur de Charity accéléra et l’homme balbutia quelques mots avant de se répandre sur son ventre avec un râle.

 

Charity ouvrit les yeux C’était fini. Et contrairement à ce qu’avait toujours prétendu son père, elle n’avait ressenti ni honte ni gêne. En fait la seule chose dont elle se rappelait c’était que son corps s’était enflammé. Presque comme lorsque Thomas lui faisait l’amour. Elle rougit à cette pensée et l’homme glissa une main vers elle

«  Encore. Tu es mienne pour la nuit » Déclara-t-il.

Charity se retourna vers lui et laissa sa main glisser sur son sexe. Son corps à elle aussi réclamait des caresses.

 

 

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